Luisa naît à Florence vers 1760, de parents chanteurs d’opéra spécialisés dans le genre bouffe. Filippo Laschi est ténor, et chante à Vienne vers 1770.
Luisa paraît d'abord en Italie (notamment Turin) avant d’être engagée à Vienne en 1784 comme seconda donna aux côtés de la Storace. Elle chante de nombreux rôles avec la compagnie d’opéra italien, sur des livrets de Da Ponte et musiques de Martín y Soler, Salieri, Mozart ou dans des reprises d’Anfossi, Paisiello ou Cimarosa. C’est dans le rôle titre de Giannina e Bernardone de ce dernier qu’elle fait ses débuts locaux. À part un séjour à Naples début 1785, Luisa chante constamment à Vienne jusqu’en 1789. C'est à Naples qu'elle fait la connaissance de son futur époux, Domenico Mombelli.
Outre Una cosa rara, on se rappelle surtout Luisa Laschi comme créatrice de la comtesse dans Le Nozze di Figaro, créé en 1786 avec Benucci, Storace, Mandini, Bussani… L’opéra inspire l’empereur Joseph quand il donne son consentement pour le mariage de Luisa avec le chanteur Domenico Mombelli, ténor spécialisé dans le genre seria également employé comme chanteur buffa. Le couple se produit ensemble dans I Finti Eredi de Sarti.
La Storace quitte Vienne peu après les Noces de Figaro, laissant la place à Laschi-Mombelli. Cette dernière est enceinte lors de la première viennoise de Don Giovanni en 1788, mais s’arroge le rôle féminin qui est alors considéré comme le principal dans l’opéra : Zerlina. Mozart lui écrit un duo volubile avec Leporello, mais Luisa doit laisser la place à T. Teyber quand le approche le terme de sa grossesse.
L’arrivée d’Adriana Ferrarese Del Bene, qui devient la maîtresse de Da Ponte, est problématique : la nouvelle soprano s’attribue les rôles de premier plan et le couple fait scandale au point d’être chassé de Vienne. Avant cela, Laschi doit composer avec la Morichelli dans L’Arbore di Diana, sur un livret de Da Ponte, avec une musique de Martín y Soler. Le Kritische Theater Journal von Wien écrit :
La grâce personnifiée ! L'Amour de la Mombelli, ô, qui ne serait enchanté par lui ? [...] Quel chanteur peut offrir ce mélange de légèreté et de chaleur ?
Le couple Mombelli chante aussi dans L’Ape musicale, pasticcio de Da Ponte renouvelé chaque soir en 1789 ; tous les chanteurs y donnent en effet leur répertoire de prédilection.
Malheureusement, Luisa Laschi-Mombelli et Domenico sont chassés de la compagnie et quittent Vienne. On les entend en Italie, et la cantatrice peut affronter le genre sérieux avec Enea e Lavinia de P. Guglielmi à Modène, avec Domenico et le castrat Muschietti. Vers 1790, Luisa décède, sans doute en couches, et met ainsi fin à une courte mais belle carrière.
Sa voix semble avoir été ample, souple et expressive ; Mozart lui écrit des vocalises au contre-ut dans le final de l’acte II des Nozze di Figaro. |