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Matteo SASSANO

1667 – 1737

dit Matteuccio

Aussi [Sassani]

La carrière de Matteuccio est particulièrement romanesque, empreinte de sensualité et marquée par les témoignages de son talent exceptionnel et les louanges incroyables qui lui furent adressées. C’est, plus que dans le cas de Farinelli, le genre de destin qui constituerait un sujet de film en accord avec les fantasmes actuels relatifs à l’univers des castrats.
MatteuccioMatteo voit le jour à San Severo en 1667. Il est tout d’abord élève au Conservatorio dei poveri di Gesù Cristo et entre en 1684 à la chapelle royale alors même qu'Alessandro Scarlatti y est nommé au détriment de Provenzale : Sassano participe alors aux Lamentazioni du nouveau maestro avec le soprano Paolo Besci ; il chantera souvent pour ce compositeur dans la suite de sa carrière. On sait en outre qu'il crée plusieurs pages de Gaetano Veneziano, importante figure locale.
C’est en 1693 qu’il fait sensation, engagé comme soprano au San Bartolomeo, où l’on joue justement Scarlatti. C’est le début d’une grande carrière lyrique et mondaine ; il entame ses caprices en rechignant à honorer ses engagements viennois (il s'y rend tout de même en 1696). Matteo traite avec effronterie la noblesse napolitaine, et n’échappe aux galères que grâce au charme qu’il excerce sur son public, notamment féminin : le « rossignol de Naples » est fort beau, et ne laisse pas indifférente l'épouse du vice-roi. Avec Nicolino, il est une des étoiles de la chapelle royale et du San Bartolomeo, et interprète régulièrement Scarlatti, notamment pour les glorieuses célébrations des « promenades du Pausilippe » données par le vice-roi, en 1696, dans Il Trionfo delle stagioni de Scarlatti. Sa carrière touche toute la Péninsule : le voici à Plaisance, Bologne et Venise en 1697, dans Amore e dover et Tito Manlio de Pollarolo. Il inaugure ainsi le Teatro Malvezzi dans un Perseo à la distribution somptueuse, dont les divas Pini, Scarabelli et Nannini, et la basse Borrini. À Naples, le succès de La Caduta de' Decemviri est mémorable cette même année, avec les célèbres sopranos Tarquini et Musi, ainsi que Nicolino. Le virtuose passe à la cour florentine, à Naples et à Reggio avec la Salicola et Diana Aurelia dans L'Ulisse sconosciuto in Itaca de Pollarolo (1698).

air pour Sassano

Matteuccio se produit à Madrid entre 1698 et 1700 : avant Farinelli, on le charge de soigner la mélancolie royale. Revenu en Italie, il s’oppose – et s'impose face – à un Pistocchi vieillissant à Bologne. Le prestigieux théâtre Grimani de Venise fait appel à lui pour chanter des pages de Pollarolo en 1705-06 avec la Lisi, la basse Carli ou encore les castrats Romani et Tollini. Il se produit encore à Venise avec Diamante Scarabelli dans les opéras d'Alessandro Scarlatti Il trionfo della fedeltà (extrait d'un de ses airs ci-dessus) et Il Mitridate Eupatore, y apportant un certain parfum napolitain appelé à se changer en tornade. Le compositeur compose dans un ambitus réduit de ré3 – fa4, dans une tessiture plus aiguë que pour Nicolino. Après le Venceslao de Perti à Bologne, Sassano revient à Venise pour la saison 1708-09, où il interprète Lotti et Caldara avec le couple Boschi.
Retiré des théâtres, il demeure jusqu’à un âge avancé attaché à la chapelle royale de Naples, et continue de s’illustrer à la cour dans les cantates et serenate, notamment de Scarlatti, comme la Vergine dei dolori. Il chante encore chez son collègue de la chapelle royale la basse Manna au début des années 1720.
Mancini écrit encore de lui :
Il avait l'habitude, par pure dévotion, de chanter à l'église tous les samedis ; et bien qu'il eût plus de quatre-vingt ans, sa voix était si claire et fraîche, et chantait avec tant de souplesse et de légèreté, que ceux qui l'entendaient sans le voir croyaient que c'était un tout jeune homme.

L’expression « chanter comme Matteuccio » était en son temps devenue proverbiale, témoignant de l’immense crédit de ce chanteur, et de l’affection que les Napolitains lui portaient.

La santissima Trinità Vergine G. Veneziano 1693 Naples
  L. Visco, I Turchini dir. A. Florio – CD Glossa 2014
San Nicola di Bari San Nicola ? G. Bononcini 1693 Rome
  L. Bertotti, Les Mufatti dir. P. van Heyghen – CD Ramée
Venere, Adone e Amore Adone A. Scarlatti 1696 Naples
  T. Miller, Chacone dir. R. Halton  – CD ABC Classics Antipodes
La Caduta de' Decemveri Appio A. Scarlatti 1697 Naples
> air Se tu della mia morte Arrangement de Parisotti (Arie antiche). Enregistrement au choix
Il Mitridate Eupatore Nicomede ? A. Scarlatti 1707 Venise
  T. Feighan, Balthasar-Neumann-Ensemble dir. T. Hengelbrock – retransmission de représentations, Innsbruck 1995
Version abrégée : A. Kasyan, Les Accents dir. T. Noally – retransmission de concert, Beaune 2017
La gloria di Primavera Primavera A. Scarlatti 1716 Naples


> air Canta dolce
D. Moore, Philharmonia Baroque Orchestra dir. N. McGegan – CD Philharmonia Baroque 2015
S. Kermes, Musiche nove dir. C. Osele – Colori d'Amore, CD Sony 2010
La Vergine dei dolori Maria A. Scarlatti 1717 Naples
  S. Mingardo, Les Agrémens dir. F. Biondi – retransmission de concert Paris 2007
Diana amante Amore L. Leo 1717 Naples
  R. Ragatzu, Orchestra Leonardo Leo dir. V. Paternoster – CD Bongiovanni 1988