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Giulio RADICCHI

1763 – 1846

Aussi [Julius] [Radichi] [Radicki]

On ignore les origines de ce ténor.
Il paraît sur la scène de la Scala de Milan en 1793-94, puis Florence (1796) et Ravenne, Varese. On le retrouve à Gênes en 1799 dans La Moglie capricciosa de Gazzaniga. L'année suivante, il est à Bergame dans La Donna di genio volubile de Portogallo.
Radicchi passe ensuite en Europe centrale et chante Elisa de Mayr à Ljubljana en 1805. Le véritable succès se confirme à Vienne où il est invité en 1808, alors qu'il a passé un certain temps à Prague. Il y chante l'opéra italien de Paër (Sargino, Griselda), Paisiello (La Molinara), Rossini (Rodrigo dans Otello en 1719, où Schubert l'entend avec enthousiasme) au Kärntnertortheater puis aborde aussi le répertoire allemand : c'est pour lui que Beethoven écrit le redoutable rôle de Florestan dans la troisième version de son unique opéra, retitré Fidelio pour les représentations de 1814. L'année suivante, il est Tamino dans Die Zauberflöte avec la reine de la nuit de la fantastique Antonia Campi. M. Frey, violoniste à Mannheim, commente la représentation dans son journal, alors qu'il est à Vienne :
M. Radichi a chanté l'air "Dies Bildnis" etc. avec des ornements si détestables qu'il était impossible d'en reconnaître la belle mélodie. À chacune de ses apparitions sur scène j'ai dû souffrir de nombreux passages défigurés par ses maudits maniérismes.
La popularité de Radicchi est considérable à Vienne, d'autant qu'il donne en concert les oratorios de Haydn Die Schöpfung et Die Jahreszeiten, et interprète Schubert. On l'entend encore dans Christus am Ölberge de Beethoven en 1817. Lorsque sa carrière touche à sa fin, il assure les seconds rôles, comme dans l'Amazilia de Pacini donnée à Vienne avec Henriette Méric-Lalande et Lablache, mais doit chanter Argirio dans Tancredi de Rossini en 1826, faute d'un meilleur ténor.
Il donne un concert d'adieux en 1829, après quoi il exerce comme pédagogue, achevant sa vie dans la capitale autrichienne qui aura été le principal théâtre de ses succès.

Le rôle de Florestan semblait parfaitement lui convenir, bien que ses qualités d'acteurs fussent apparemment limitées. On loua surtout la beauté de sa voix et sa flexibilité extrême, soulignée par Frey. Tout cela penche en faveur d'une interprétation belcantatiste de l'opéra de Beethoven à laquelle nous ne sommes guère habitués.

Fidelio [3] Florestan L. van Beethoven 1814 Vienne
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