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Giovanni PAITA

1688 – ca 1750

dit L'Orfeo di Liguria

Aussi [Païta]

Ce chanteur né à Gênes est l'un des plus valeureux de son époque et participe de l'importance croissante des ténors à partir des années 1730.

Giovanni PaitaPaita mène surtout une carrière vénitienne. Il y paraît très souvent entre 1708 et 1712, chantant Ruggeri, F. Gasparini, Pollarolo, Lotti et notamment Astiage dans Il Ciro d'Albinoni (1709), avec la Tilla et le castrat Berselli. Ce dernier compositeur est l'un de ceux qu'il interprète le plus souvent, avec encore Il Tiranno eroe.
On l'entend aussi à Rome, avec les castrats Vitali, Genovesi et Baldini, notamment dans Ambleto de D. Scarlatti en 1715. Après des prestations à Bologne, par exemple, avec la Reggiana et la Scarabelli, c'est encore à Rome qu'il se trouve jusqu'en 1720 alors qu'il chante la seconde version du Tito Manlio de Vivaldi avec le castrat Natali.
À Venise entre 1721 et 1725, Paita s'illustre dans les opéras d'Albinoni, Porta, Chelleri et Gasparini, dont Bajazet de ce dernier face au Tamerlano du contralto Braganti et avec l'Asteria de Diana Vico. En 1725, Paita se produit à Milan et au San Angelo de Venise. L'année suivante est marquée par la création du fameux Siroe de Vinci et Métastase, au San Cassiano : c'est Paita qui interprète le roi Cosroe avec la Bulgarelli, Carestini et Nicolino. Paita chante encore à Parme avec Carestini et Farinelli en 1728. Il retrouve Vinci à Milan la même année, avec là aussi Farinelli, Costanza Posterla et la Tesi, pour Medo. De nouveau dans sa fidèle cité vénitienne, Paita s'impose auprès de la Bordoni, du jeune Annibali et de Senesino dans un opéra d'Orlandini et Gianguir de Giacomelli. 1729 semble marquer la fin de sa carrière.

Le ténor ouvre une école de chant à Gênes, qui n'atteint certes pas le renom des écoles de Venise, Bologne et Naples.

Quantz, qui assiste au Siroe de Vinci à Venise, évoque ainsi le ténor dans son autobiographie :
Paita possédait une voix de ténor, pas très puissante mais agréable, et qui n'eût pas été naturellement aussi belle et homogène sans une parfaite maîtrise de l'art de combiner les registres de tête et de poitrine. Son chant était souverain dans l'adagio, ses interprétations touchantes avec une ornementation raisonnable. Il ne chantait pas l'allegro très fougueusement, sans paraître terne pour autant. Peu de passages dans son chant ; son jeu était assez bon.
Metastasio voit également en lui un ténor d'exception, apte à porter loin ses conceptions dramatiques. Dans son traité, Mancini en parle comme de la « splendeur de la Ligurie », ajoutant que « très peu d'interprètes peuvent lui être comparés, tant pour le chant que pour le jeu. » On entend aussi parler d'« Orphée de la Ligurie »... Roland de Candé en fait un ami de Vivaldi à Venise.
Il est en tout cas certain que l'interprète, chaînon entre les anciens maîtres vénitiens et la nouvelle vague napolitaine et personalité marquante pour Métastase, a contribué à porter la voix de ténor au devant de la scène dans des rôles forts de souverains et tyrans, comme Borosini, Pinacci ou Barbieri à la même période. Les rôles qu'il incarne annoncent ainsi les archétypes vocaux de l'opéra métastasien dans toute sa splendeur.

Tito Manlio Tito A. Vivaldi 1720 Rome


> airs La fatal sentenza * Il figlio, il reo * Gia lascio la nobil alma
M. Staveland, Concerto de' cavalieri dir. M. Di Lisa – retransmission de concert, Ambronay 2013
T. Lehtipuu, I Barocchisti dir. D. Fasolis – Arie per tenor, CD Naïve 2010
Siroe, re di Persia Corsoe L. Vinci 1726 Venise
> air Gelido in ogni vena E. Palacio, orchestre de chambre Salieri dir. T. Pál – Metastasio's Kings and Heroes, CD