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Felice Monticelli

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dit Novelli

Aussi [Novello]

Il y a une certaine confusion autour de Felice Novelli (apparemment Monticelli de son vrai nom). Natif de Venise, Novelli paraît comme soprano dans certaines sources (il serait prima donna à Rome en 1720), et ténors dans nombre d'autres (dont Quadrio). Nous pencherons en faveur de la seconde hypothèse en raison des traces d'un mariage, exclu pour un castrat. L'existence d'un homonyme (de même origine !) à la même époque n'est pas complètement impossible mais tout de même peu probable. Les prestations du chanteur s'étale sur une longue période ; on peut donc aussi imaginer qu'il chante comme soprano avant sa mue, mais l'usage était peu répandu (Fabri le fait cependant à Rome dans les intermèdes).

On repère Novelli en 1717 à Venise au Sant'Angelo avec Denzio et la soprano Giusti, notamment dans un opéra de Pollarolo. Il paraît à Ancône dans un rôle féminin en 1719. En 1720, il incarne Corrado dans Griselda d'Orlandini avec Rosaura Mazzanti et le contralto Carboni. Le Novelli qui se produit en 1720 et 1721 à Venise est indéniablement soprano. Felice Novelli paraît encore à Turin, Padoue, Bergame, Crema... En 1724, il est à Rome, participant notamment à Partenope de Sarro, puis repasse par Bologne, Venise (par exemple Agide re di Sparta de Porta en 1725) avant Bergame, dernière prestation connue de cette première période italienne.

C'est par le truchement de Vivaldi que Novelli est engagé à Prague par Denzio. Il aurait même dû prendre part à la première saison, mais ce n'est que pour 1727 que le ténor rejoint la compagnie du théâtre Sporck. C'est là qu'il rencontre la célèbre contralto Anna Maria Laurenti dite Coralli, et l'épouse dès l'année de son arrivée. Le chanteur et compositeur Antonio Guerra est l'un de leurs témoins.

À Turin, en 1730, le couple Novelli prend part à une production du tout nouvel Artaserse de Hasse, Novelli reprenant le rôle titre créé par Giorgi, et son épouse Semira. En 1732, Novelli et Laurenti-Novelli retrouvent Venise dans Gl'Evenimenti di Ruggiero d'Albinoni. La Chimenti ou encore le castrat Leonardi l'accompagnent en 1741-42 au Sant'Angelo. L'année suivante le voit notamment à Milan dans un des rares opéras de Sammartini, Agrippina, avec la Stabili, Carestini ou encore la contralto Agata Elmi. En 1745, Novelli est à Ferrare dans Artaserse de Hasse et Vinci, chantant cette fois-ci Artabano avec Gizziello et Antonia Negri-Tomii. L'année d'après, il est protagoniste d'un Orlando furioso anonyme au San Moisè.

Peu après le chanteur semble se reconvertir dans le genre bouffe alors en pleine ascension, phénomène rare. Il chante notamment dans La finta pazzia di Diana à Venise, en 1747-48. Cela fait plusieurs saisons que le Vénitien est installé dans sa ville natale, et continue de se produire dans l'opera comica encore plusieurs années, interprétant Galuppi et beaucoup de pièces anonymes (Il Finto Principe sur un livret de Goldoni en 1749). On l'entend encore à Naples en 1751 (La Vedova accorta de Bertoni avec Carattoli et F. Baglioni), Milan en 1756 (Il Conte Caramella de Galuppi), Bologne en 1758, et Florence en 1762 (La Scaltra Locandiera de Burci).

Le nom de Novelli paraît ainsi sur un nombre considérable de livrets entre 1717 et 1762. Seule l'étude des partitions permettrait de trancher sur l'identité vocale du Novelli des années 1720. Il passe aussi une longue période au service de la cour de Modène.

Tito Manlio [2] Vitellia A. Vivaldi et al. 1720 Venise
  M. Eriksmoen, Concerto de' cavalieri dir. M. Di Lisa – retransmission de concert, Ambronay 2013