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Vincenzo MAFFOLI

1760 – 1795

Ténor natif de Reggio.
Il en est à ses débuts lorsqu'il participe à des opéras bouffes à Rome, avec Il Pittor parigino de Cimarosa, accompagné de Benucci et du castrat Martini (1781). Jusqu'en 1784, il se produit à Macerata, Trévise, Pérouse, Trieste, Vérone... Maffoli s'est rapidement spécialisé comme primo tenore serio, par exemple à Venise entre 1784 et 1786 avec le castrat Bedini dans des œuvres de Giordani, Bianchi et Tarchi. On l'entend aussi à Livourne dans La Virginia de Tarchi. En 1787, il chante Alessandro nell'Indie de Bianchi à Bologne avec Bedini et la soprano Rubinacci. On l'entend à Rome en 1787 et 1788-89 dans Alessandro nell'Indie de Caruso avec le Poro du castrat Goti, puis avec Vitale Damiani dans Antigono du même auteur ainsi qu'un opéra d'Anfossi. En 1788, il paraît aussi à Milan et Venise, et en 1790-91 à Turin, notamment dans La Disfatta dei Mori de Gazzaniga avec Morichelli-Bosello. Le ténor brille également à Gênes, Pise, Padoue, Mantoue, Brescia, Florence...

Maffoli est invité à Vienne à compter de 1791-92, et se produit notamment avec la Cavalieri en concert. Sur scène, il prend la tête de la troupe seria voulue par l'empereur et débute dans Teseo a Stige de Nasolini ainsi que La Vendetta di Nino de Prati avec Cecilia Giuliani et Angelo Testori. Il demeure plusieurs saisons sur place, jusqu'en 1794, chantant avec Marianna Sessi, notamment des pages de Weigl, Salieri, etc.

Maffoli retrouve le sol italien, apparemment souffrant : La Gazzetta universale de 1795 écrit ainsi :
Cela faisait quelques mois que le célébre ténor Vincenzo Maffoli, indisposé, se trouvait dans cette capitale [Naples]. Bien connu pour son chant plein de bravoure et d'agilité non seulement en Italie, mais aussi à l'étranger, il laissait espérer un rétablissement quand il fut saisi d'un nouveau mal auquel il dut céder et, au grand désespoir de tous, passer à une vie meilleure le 11 de ce mois [janvier], dans la fraîcheur de ses quelque 35 ans. Il est impossible d'exprimer la peine qui pèse sur les amis de l'Harmonie et de la scène, car avec lui disparaît sans nul doute l'un des ornements les plus rares d'une festa teatrale.

Outre sa voix, on loue ses talents d'acteur. Le Mercure de France détaille ses qualités et ses défauts après ses prestations romaines de 1787 :
La première femme passable ; le Tenor grand musicien. Il y a six années que dans Il Pittor parigino, il faisait l'ultima parte au Théâtre de Valle ; il se mit alors au service de Pacherotti, à qui il a dérobé une partie de son talent. Sa manière ne ressemble point aux autres, & paraît bien adaptée à sa voix, il divise l'intérêt de son chant par toutes les phrases musicales, où il met souvent une expression singulière, & qui n'est qu'à lui, laissant tomber la voix, l'abandonnant, la reprenant, touchant juste & moëlleusement quelques cordes auxquelles on ne s'attend pas, ce qui ajoute singulièrement à l'expression des paroles ; il y met de plus une facilité si grande qu'on dirait d'un instrument touché avec les doigts. On n'y sent jamais la fatigue de la difficulté. Il manque du grand effet musical en raison du peu de volume de sa voix & de l'intérêt qu'il divise trop, & qu'il ne réserve pas assez pour la fin.

Ce ténor trop tôt disparu figure dans l'apothéose des meilleurs chanteurs de l'opéra gravée par Fedi, à gauche de Caterina Gabrielli et des ténors Mombelli et Babbi.

Maffoli

Il Pittor parigino Broccardo D. Cimarosa 1781 Rome
  Salieri Chamber Orchestra dir. T. Pal – CD Hungaroton
La Principessa d'Amalfi Armidoro J. Weigl 1794 Vienne
> airs Forse abbastanza misero * In quel barbaro cimento Réduction pour pianoforte : D. George, L. Mauro – Josef Weigl, Songs and arias, CD Delos