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Annibale Pio FABRI

1697 – 1760

dit Balino

Aussi [Annibalino] [Ballino] [Fabbri] [Ballini]

Annibale est originaire à Bologne, où est sise l'une des plus fameuses écoles de chant du siècle sous l'égide du castrat Pistocchi. C'est donc naturellement qu'il fait partie de ses élèves avant d'entrer au service du prince Ruspoli à Rome, célèbre mécène de la capitale qui a également soutenu la Durastanti. Ses débuts scéniques datent de 1711, comme alto dans le rôle féminin de Pimpinone d'Albinoni, avec la basse bouffe Cavana, à Rome !
Annibale Pio FabriAyant mué dans un registre adulte, il paraît en 1716 dans sa ville natale à l'occasion d'Alarico, re de' Goti de Bassani. Peu après il est à Venise où Vivaldi l'engage – faisant preuve une fois de plus d'un flair exceptionnel pour attirer les jeunes talents. Fabri participe donc à Arsilda, regina di Ponto puis L'Incoronazione di Poppea avec pour principale partenaire celle qui est également son épouse, la contralto Anna Bombacciari. On entend ensuite le jeune virtuose au San Giovanni Grisostomo dans des opéras de Lotti, Pollarolo et Chelleri.
Fabri compose également et fait représenter deux oratorios de sa plume à Bologne où il intègre l'Accademia filarmonica en 1719. Après un passage à Rome dans Faramondo et Amore e Maestà de F. Gasparini avec Pasi et les contraltos Ossi et Berenstadt, c'est néanmoins Venise qui demeure le théâtre de ses succès entre 1720 et 1722 ; le ténor paraît alors avec de prestigieux vocalistes dont la Cuzzoni, la Tesi et le castrat Bernacchi, autre élève de Pistocchi. Fabri chante Marco Attilio Regolo d'A. Scarlatti à Bologne en 1724, et participe, la même année, à la première historique de la Didone abbandonata de Metastasio à Naples avec l'égérie du librettiste, la Romanina, ainsi que la contralto Merighi et le castrat Nicolino. Le ténor continue de se produire avec un succès retentissant à Florence, Milan, Forlì ou encore Venise : il y participe notamment à Arianna e Teseo de Porpora en 1728. C'est à la suite de ces prestations vénitennes que Haendel recrute le chanteur pour l'opéra de Londres où le public est encore sous le charme des incarnations vibrantes du fantastique Borosini et se montre sans doute mieux disposé à fêter un ténor.

Fabri retrouve alors la Strada, la Merighi et Bernacchi pour Lotario du Saxon en 1729 suivi de Partenope. Haendel lui adapte des rôles dans les reprises de Tolomeo, Scipione, Rodelinda (le rôle de Borosini), Rinaldo (Goffredo) et Giulio Cesare (Sesto) et lui confie le rôle de l'empereur Alexandre dans le splendide Poro, re nell'Indie. Fabri chante également le rôle titre du pasticcio Venceslao. Ce n'est qu'au cours de 1731 que le ténor quitte Londres, où il laisse une bonne impression : Mrs. Pendarves, amie de Haendel et fine observatrice de la vie musicale, estimait qu'il s'agissait du plus grand musicien qui eût jamais chanté sur une scène, éloge appuyé par les commentaires de Burney.

La carrière de Fabri se poursuit à une échelle internationale et passe par Vienne : il se fait appeler virtuose de l'empereur Charles VI, qui est également parrain d'un de ses enfants. Le ténor a l'occasion de retrouver un autre livret à succès de Métastase, mis en musique pour la première fois par Caldara : il est le premier Osroa de l'histoire du chant dans Adriano in Siria, avec les contraltos Casati et Orsini, en 1731. Fabri retourne en Italie et se produit à Modène, puis Venise où il incarne Titus dans La Clemenza di Tito de Leo en 1735, puis encore Gênes.

En 1738, Fabri intègre l'ensemble réuni à Madrid par l'impresario Pieraccini, première troupe de professionnels italiens à y donner l'opera seria. Parmi ses collègues figurent Giacinta Forcellini ou encore Lorenzo Saletti. Ils donnent plusieurs opéras importés avant de créer Alessandro nell'Indie de Corselli à l'occasion d'un mariage royal. La compagnie demeure en place l'année suivante et donne encore plusieurs œuvres dont la Clemenza di Tito de Hasse et Il Farnace de Corselli, pour lequel des vocalistes prestigieux ont rejoint la capitale : Anna Maria Peruzzi, Caffarelli, la Tesi ou encore la basse Montagnana ; Fabri incarne Pompeo. C'est vers le Portugal que s'oriente la carrière de Fabri en 1740 : il demeure au service de la cour jusqu'à la fin de ses jours. Il se rend en Italie pour une ultime tournée entre 1744 et 1748, occasion de montrer que ses moyens sont toujours intacts lors de productions d'opéras de Hasse à Naples. À Lisbonne, il semble également responsable des décors peints pour la scène, et intègre la chapelle royale en 1751.

La technique de Fabri était superlative : en témoignent l'extrême difficulté et la diversité des airs écrits par Haendel pour Berengario, avec grands écarts et mélismes très développés. Même si sa voix n'était pas des plus puissantes, il s'est imposé sur les meilleures scènes d'Europe avec les plus prestigieux partenaires au cours d'une carrière fort longue. Fabri est incontestablement l'un des meilleurs ténors de son temps et l'un de ceux qui défendent le rang de cette tessiture à l'opéra. Dans les années 1770, Sarah Goudar, après avoir évoqué Babbi et Amorevoli, écrit « Ballini [Annibale] chanta peut-être mieux que tous. »

Arsilda, regina di Ponto Tamese A. Vivaldi 1716 Venise

> airs alternatifs La tiranna avversa sorte * Va per selve
J. Cornwell, Modo antiquo dir. F. M. Sardelli – CD CPO 2002
T. Lehtipuu, I Barocchisti dir. D. Fasolis – Arie per tenor, CD Naïve 2010
L'Incoronazione di Dario Dario A. Vivaldi 1717 Venise
  J. Elwes, ensemble baroque de Nice dir. G. Bezzina – CD Harmonia mundi 1986
Telemaco Mentore A. Scarlatti 1718 Rome
  K. Spicer, Balthasar-Neumann-Ensemble dir. T. Hengelbrock – retransmission de représentations à Schwetzingen, 2005
Marco Attilio Regolo Santippo A. Scarlatti 1719 Rome
> air Se non sa qual vento I. Bostridge, English Concert dir. B. Labadie – The three baroque tenors, CD EMI 2010
La Silvia Egisto A. Vivaldi 1721 Milan
  J. Elwes, ensemble baroque de Nice dir. G. Bezzina – CD Ligia Digital 2000
Erminia Polidoro A. Scarlatti 1723 Naples
  Partie 1 seulement : M. Staveland, Concerto deí Cavalieri dir. M. Di Lisa – retransmission de concert, Montpellier 2015
Ipermestra Danao A. Vivaldi 1727 Florence
> air Saziero col morir mio I. Bostridge, English Concert dir. B. Labadie – The three baroque tenors, CD EMI 2010
Atenaide Leontino A. Vivaldi 1728 Florence
  Version 1730, seul un air identique : P. Agnew, Modo antiquo dir. F. M. Sardelli – CD Naïve 2007
Lotario Berengario G. F. Haendel 1729 Londres
  Version abrégée : S. Davislim, Il Complesso barocco dir. A. Curtis – CD Deutsche Harmonia Mundi
Partenope Emilio G. F. Haendel 1730 Londres
  Enregistrement au choix
Poro, re dell'Indie Alessandro G. F. Haendel 1731 Londres
  S. Naglia, Europa galante dir. F. Biondi – CD Harmonia Mundi