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Giacomo DAVID

1750 – 1830

Aussi [Davide] [David le père]

Giacomo David étudie avec le musicien Nicola Sala.
Le chanteur plie sa voix de bariténor longue et puissante à une virtuosité époustouflante, un chant brillant au service d'une expression dramatique répondant aux ambitions de l'époque.
Il débute en 1773 à Milan où il chante Zon Zon de Gazzaniga, et poursuit quasi exclusivement dans l'opéra séria, d'abord à Turin, dans Merope de Guglielmi, Venise dans Antigona de Mortellari, Rome, avec Alessandro nell'Indie de Cimarosa, etc. Il occupe déjà les premiers rôles, et fait la navette entre Venise, Turin, Parme, Naples, Rome et Milan : partout il est acclamé. David semble avoir toutefois un rapport privilégié avec le San Carlo de Naples, où il se produit particulièrement souvent au cours des années 1780 ; il y a l'occasion d'interpréter l'un des compositeurs qu'il sert le plus régulièrement, Francesco Bianchi. De ce dernier, David interprète Cajo Mario en 1784, Mesenzio, re d'Etruria en 1786, etc. Il crée également ce qui sera son cheval de bataille et l'un des tubes des quinze années suivantes : Il Pirro de Paisiello (dossier sur l'œuvre ici).

Au début des années 1790, c'est Venise qui gagne les faveurs du ténor, d'abord au San Benedetto où il chante par exemple Seleuco, re di Siria du fidèle Bianchi, puis au nouveau théâtre de la Fenice, inauguré en 1792 avec I Giuchi d'Agrigento de Paisiello, où le ténor a pour partenaires Marianna Sessi, Brigida Banti et Pacchierotti. On retrouve néanmois David à Naples de 1795 à 1798, où il chante Zingarelli, Guglielmi, Cimarosa, Paisiello etc.

Sa carrière est essentiellement italienne, néanmoins il se rend au concert spirituel sur invitation de Legros en 1785 puis 1786, où le public parisien boude, puis acclame le virtuose la seconde fois. Courtisé par Londres dès 1780, ce n'est qu'en 1791 que David accepte un engagement. Il chante au King's Theatre et en concert, attirant une foule considérable. Haydn compose pour lui l'air de concert Cara deh torna, ainsi qu'Orfeo dans L'Anima del filosofo, qui ne sera finalement créé qu'au XXe siècle.

Giacomo DavidFigure charnière de l’histoire du bel canto, il faisait partie de ces vrais bariténors, à la voix large et barytonale mais conquérante dans l’aigu, toujours émis en falsettone. On écrit lors de sa prestation parisienne :
C'est une basse-taille superbe, qui tient un peu du faucet [sic] dans le haut. C'est le premier chanteur de l'Italie en ce genre [...]
Ce commentaire rapporté par Castil-Blaze est ainsi complété par le chroniqueur :
Faisant sonner victorieusement deux octaves, d'ut en ut, la voix de Giacomo David était d'une égalité, d'une force, d'une agilité merveilleuses. Ansani, son digne rival, procédait avec moins de prestesse, mais il l'emportait sur lui par la noblesse, l'élégance du style.

Bien que vieilli, David poursuit sa carrière sans relâche et affronte encore des parties ardues dans Ginevra di Scozia, pour l’inauguration du théâtre de Trieste en 1801. On fait appel à lui pour la première saison du teatro Carcano de Milan en 1803.
Installé à Bergame, David enseigne aux jeunes générations mais n'abandonne pas sa carrière sur scène puisqu'on le retrouve encore dans Adelasia ed Aleramo de Mayr à Milan en 1806, Il Salto di Leucade de Mosca en 1812 à Naples, etc. D'après Castil-Blaze, le vieux ténor se produit toujours sur les planches à Lodi, en 1820 ; il a alors soixante-dix ans ! Sa longévité exceptionnelle lui permet de représenter un véritable trait d'union, car après avoir chanté avec les meilleurs castrats et sopranos du XVIIIe siècle, David père chante avec la nouvelle génération : Isabella Colbran, Teresa Belloc etc.

Il a parmi ses élèves son propre fils, Giovanni, à qui il apprendra une hallucinante maîtrise de l’aigu et du suraigu ainsi que de la virtuosité la plus impétueuse, et le bariténor Andrea Nozzari. Ces deux chanteurs figurent parmi les étoiles de Rossini, et tous ces musiciens célèbrent le feu d'artifice final du bel canto, tout en préparant l'hégémonie du ténor dont Giacomo David, Ansani et Babbini ont posé les premiers jalons.

Medonte Medonte J. Mysliveček 1780 Rome
  T. M. Allen, L'arte del mondo dir. W. Ehrhardt – retransmission de concert, Leverkusen 2010
Fedra Teseo G. Paisiello 1788 Naples
  A. Sargsyan, orchestre et chœur du Teatro Bellini de Catane dir. J. Corréas – CD Dynamic 2016
L'anima del filosofo Orfeo J. Haydn (1791) Londres
  Enregistrement au choix
I Giuochi di Agrigento Eraclide G. Paisiello 1792 Venise
  M. Nardis, orchestra internazionale d'Italia dir. G. B. Rigon – CD Dynamic
Ines de Castro Alfonso N.A. Zingarelli 1798 Milan
> quatuor Anima mia deh cedi quel ferro a me Ian Caley, Philharmonia Orchestra dir. D. Parry – One hundred years of Italian opera 1800-1810, CD Opera Rara
Lodoiska [2] Boleslao G.S. Mayr 1799 Milan
  J. Ovenden, Münchner Rundfunkorchester dir. G. Petrou – CD Oehms classics
Ginevra di Scozia Polinesso G.S. Mayr 1801 Trieste
  A. Siragusa, Orchestre du Teatro Lirico G. Verdi dir. T. Severini – CD Opera Rara 2003
I Misteri eleusini Antinoo G.S. Mayr 1802 Milan
> air Non tradirmi in questo instante In La Clemenzo di Tito (Vienne 1804). C.V. Allemano, Academia montis regalis dir. A. De Marchi – CD CPO 2016