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Francesco BOROSINI

ca 1688 – ca 1750

Aussi [Borrosini]

Francesco BorosiniAntonio, père de Francesco Borosini, est ténor et employé à la cour de Vienne de 1692 à 1711. Le jeune Francesco né à Modène vers 1688 connaît donc bien la capitale autrichienne, même si son père honore des engagements dans les théâtres du Nord de l'Italie, dans les années 1700.

Recevant une parfaite éducation musicale en famille, Francesco fait ses début à Venise en 1708 dans Il Vincitor generoso de Lotti. Il se fait vite un nom et se voit engagé au service de l'empereur d'Autriche en 1712, chantant Fux, Caldara et Conti. Ses prestations prennent une place de plus en plus importante, en vertu d'une voix phénoménale d'extension et de souplesse, ainsi que de capacités dramatiques de premier ordre. Ainsi, il campe rapidement des personnages forts comme Amasi dans Sesostri, re d'Egitto de Conti (1717) ou le fameux Don Chisciotte du même, en 1719 ; Ruggiero dans Angelica vincitrice d'Alcina de Fux ; il s'illustre aussi dans les oratorios Il Trionfo della Fede de Fux (1716) etc. Son salaire est alors particulièrement important, et dépasse celui de Garghetti, autre ténor de renom à Vienne. La réputation du chanteur dépasse les frontières, et Borosini est requis sur les scènes italiennes, mettant son talent tragique en valeur notamment dans le Bajazet de F. Gasparini. Dans cette dernière œuvre, donnée à Reggio Emilia en 1719, Borosini participe à l'élaboration du drame et introduit le fameux passage de la mort sur scène de Bajazet, bravant un tabou de l'époque.
Il prend part aux festivités exceptionnelles célébrant l'anniversaire de l'impératrice à Prague en 1723 : il assume le rôle d'Orazio dans Costanza e Fortezza, composé par Fux, en compagnie de Carestini, Orsini, et de sa femme la soprano Rosa d'Ambreville, également employée à Vienne.

L'année suivante, Borosini cède enfin aux propositions de Haendel qui l'entend dès 1719. Un journal londonien annonce ironiquement l'arrivée d'un grand chanteur enfin « entier » :
We hear that there is a new Opera now in Practice at the Theatre in the Hay-Market, called Tamerlane, the Musick composed by Mynheer Hendel, and that Signior Borseni, newly arrived from Italy, is to sing the Part of the Tyrant Bajazet. N.B. It is commonly reported this Gentleman was never cut out for a Singer.

Lors de la saison 1724-25, le ténor arrive à séduire les Londoniens réputés peu amateurs de ce type de voix, tant par son jeu et sa présence intense que pour ses capacités vocales. Une lettre de William Cadogan, rédigée en français, rapporte ainsi :
Tuant aux [de] Plaisirs, L’opera va toujours son Train, et Borosini a l’applaudissement general
Pour l’occasion, Haendel lui offre des rôles de premier plan, ce qui est tout à fait nouveau pour l’époque : Bajazet dans Tamerlano, reprenant le fameux suicide, ainsi que Grimoaldo dans Rodelinda. On reprend Giulio Cesare où Borosini campe Sesto, chantant certains airs de la Duranstanti transposés ainsi que de nouvelles pages. Les tessitures haendeliennes de ses rôles l’amènent du sol2 au  mi3, même si dans les extrêmes il atteint le do2 et le la3 : un vrai bariténor, dont les couleurs sombres servent à merveille les intentions dramatiques. À Londres, il incarne également les rôles titre d'Artaserse et de Dario, d'Ariosti.

De retour à Vienne, il continue de jouer des rôles puissants dramatiquement, et en 1726 le compositeur Porsile lui réserve une scène de folie dans Spartaco, exploitant à fond ses ressources du ténor ; il partage la scène avec la Bordoni. Il est ensuite Joseph dans La deposizione delle Croce di Gesù Cristo de Fux, avec Schoonians, Holzhauser, Orsini et Praun.
En 1728, Borosini s'associe au danseur Sellier pour prendre les rênes du nouveau Kärtnertortheater : il bénéficie du privilège impérial pour la présentation d'intermezzi, puis d'opéras. Sa carrière à la cour s'achève en 1731, et il engage d'autres ténors sur les planches de son théâtre, comme Hager et l'Italien Albuzzi. Néanmoins, on le crédite encore en 1744 dans Ipermestra de Hasse, et en 1747 dans Il Bellerofonte de Terradellas, soit 39 ans après ses débuts.

Air pour Borosini
Les livrets et partitions destinés à Borosini sont terriblement exigeants : il faut un tempérament dramatique et un charisme hors du commun, servis par une voix souveraine sur au moins deux octaves (sol1 – la3) ! Les rôles écrits par Haendel ne sont pas les plus difficiles, même si l'impressionnant canto di sbalzo de Ciel e terra armi di sdegno rappelle les difficultés accumulées par Conti dans son David ou dans Don Chisciotte in Sierra Morena. Baryton doté d'un aigu étendu ou ténor au grave sensationnel, une voix sombre et longue est essentielle, ce qui est rarement le cas des ténors distribués dans ces rôles.

Orfeo ed Euridice Aristeo J. J. Fux 1715 Vienne
  M. Tucker, London Baroque dir. C. Medlam – retransmission de concert, Vienne, 1987
Angelica vincitrice d'Alcina Ruggiero J. J. Fux 1716 Vienne
  Version en allemand : D. Sandqvist, Das Grazer Philharmonische Orchester dir. N. Bareza – captation de concert, Graz, 1985
Il Fonte della salute Peccatore ostinato J. J. Fux 1716 Vienne
  J. Chum, Vienna Academy dir. M. Haselböck – CD CPO, 2000
Il Trionfo della Fede Amor profano J. J. Fux 1716 Vienne
  J. Weiss, Die Kölner Akademie dir. M. A. Willens – retransmission de concert, Vienne, 2010
Don Chisciotte in Sierra Morena Don Chisciotte F. Conti 1719 Vienne


> air Qui sto appeso
Version abrégée : N. Rivenq, Akademie für alte Musik Berlin dir. R. Jacobs – retransmission de représentations, Beaune, 2005
I. Bostridge, English Concert dir. B. Labadie – The three baroque tenors, CD EMI 2010
Il Bajazet Bajazet F. Gasparini 1719 Reggio Emilia

> air Forte e lieto
L. De Lisi, Auser musici dir. C. Ipata – CD Glossa 2015
I. Bostridge, English Concert dir. B. Labadie – The three baroque tenors, CD EMI 2010
Giuseppe, il re del dolore L'amore divino A. Caldara 1722 Vienne
  M. Milhofer, Accademia bizantina dir. O. Dantone – retransmission de concert.
Costanza e Fortezza Orazio J. J. Fux 1723 Prague
  Version très abrégée : D. Nasrawi, Trompeten Consort Friedemann Immer dir. H. Arman – retransmission de concert à Vienne 1991
David Saul F. Conti 1724 Vienne
  F. Zanasi, Il Complesso barocco dir. A. Curtis – CD Virgin Veritas 2007
Penelope Penelope F. Conti 1724 Vienne
> air Chiedo al ciel

> airs Marito geloso * S'io credo a quel che ascolto
J. Grau, La Folia Barockorchester dir. R. P. Müller – retransmission de concert, Gotha 2013
Rôle transposé : A. Buschbeck, Lautten Compagney Berlin dir. W. Katschner – retransmission de concert, Meiningen 2011
David Saul F. Conti 1724 Vienne
  F. Zanasi, Il Complesso barocco dir. A. Curtis – CD Virgin Veritas 2007
Tamerlano Bajazet G. F. Haendel 1724 Londres
  Enregistrement au choix
Sperai ne m'ingannai Sesto G. F. Haendel 1725 Londres
[air d'insertion] In Giulio Cesare in Egitto, Haendel. R. Conrad, New Symphony Orchestra of London dir. R. Bonynge – complément d'Alcina, CD Decca
Scorta siate a passi miei Sesto G. F. Haendel 1725 Londres
[air d'insertion] In Giulio Cesare in Egitto, Haendel. I. Bostridge, English Concert dir. B. Labadie – The three baroque tenors, CD EMI 2010
Rodelinda Grimoaldo G. F. Haendel 1725 Londres
  Enregistrement au choix
Elpidia [1] Vitige Vinci et al. 1725 Londres
  Version mélangée avec seconde version du pasticcio : R. Charlesworth, Opera settecento dir. L. Duarte – captation de concert, 2016
Joaz Azaria A. Caldara 1726 Vienne
> air Lo so, con periglio I. Bostridge, English Concert dir. B. Labadie – The three baroque tenors, CD EMI 2010
Il Batista Erode A. Caldara 1727 Vienne
  M. Krummen, Barockensemble der Hochschule für Musik und Tanz Köln dir. K. Wessel – retransmission de concert, Cologne 2014
Don Chisciotte in corte... Don Chisciotte A. Caldara 1727 Vienne
> airs Sì l'abbiamo Ricciardetto * Primieramente, Sancio * Venga pur in campo armato E. Gonzalez Toro, La Ritirata dir. H. Kurosaki – Antonio Caldara, The Cervantes Operas, CD Glossa 2016
La Deposizione della Croce Giuseppe J. J. Fux 1728 Vienne
  H. Wildhaber, Wiener Akademie dir. M. Haselböck – retransmission de concert, 1992
I Disingannati Alceste A. Caldara 1729 Vienne
  S. Weir, S. Kuijken – retransmission de représentation, Innsbruck 1993