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Eliodoro BIANCHI

1773 – 1848

Né à Cividate près de Bergame, comme d'autres excellents ténors de l'époque (Giacomo David, Adamo Bianchi, Rubini, etc.) – on surnommera Bergame la patrie des ténors –, Bianchi commence sa carrière comme premier amoureux dans l'opera buffa. Formé par son père organiste puis, peut-être auprès de Tritto à Naples, il devient un excellent ténor après avoir été soprano enfant.

Eliodoro BianchiSes premières prestations théâtrales, encore fort jeune, datent de 1794 à Trévise, Padoue, Gênes ou encore Crémone, où il donne Il Matrimonio per industria de Rutini. Il enchaîne avec des engagements à Modène, Ferrare (premier contact avec l'opéra séria pour une reprise d'Elfrida de Paisiello avec la Delicati) puis Florence (1796) avant de gagner les prestigieuses scènes vénitiennes où le ténor a pour partenaire l'excellente Morichelli, par exemple dans La Donna di genio volubile de Portogallo.
Entre 1797 et 1801, il brille successivement au Teatro Fondo puis aux Fiorentini de Naples avec les basses locales Casacciello et Luzio, et les sopranos Orsola Fabrizi puis Dorotea Bussani. Il crée notamment Il Villano in augustie de Fioravanti, mais aussi des pages de P. C. Guglielmi, Gardi ou Paisiello. En 1799, Bianchi fait donner une de ses œuvres en l'honneur du roi de Naples.
Il se présente ensuite à Milan (1802-03), et se frotte encore au genre sérieux à Rome l'année suivante. Il ne cessera pas de fréquenter l'opéra séria, auquel il prête d'excellentes capacités vocales. Le ténor pousse jusqu'à Vienne.

En 1806-07, Eliodoro Bianchi est invité à Paris. Il s'y était déjà produit avec succès en concert en 1801. Avec sa partenaire régulière Francesca Festa et le couple Barilli, il donne Il Matrimonio segreto (où il débute localement) et crée un succès de Fioravanti, I virtuosi ambulanti. Il y épouse aussi la soprano Carolina Crespi, qui lui donnera deux enfants également musiciens. La troupe donne aussi Le Nozze di Figaro de Mozart, où Bianchi incarne... le comte ! Le genre sérieux est aussi représenté, avec La Griselda de Paër.

C'est parfois avec son épouse qu'il se produit à Milan entre 1809 et 1814, par exemple dans L'Uniforme de Weigl. Le ténor reste fidèle à la Scala pendant cet intervalle, malgré quelques prestations ailleurs, notamment Gênes et Brescia.
En 1819, Eliodoro côtoie Vellutti, dernier grand castrat, dans Quinto Fabio de Nicolini (Vérone), et paraît à Venise pour un pasticcio rossinien. Il passe à Londres, Vérone, puis Brescia en 1822 avec la Festa-Maffei et la Pisaroni. L'année suivante, il chante avec la contralto Grassini, alors en fin de carrière, à Florence. À Vicence, Bianchi crée Iarba dans la Didone abbandonata de Mercadante, avatar tardif du fameux livret métastasien. Puis il est à Trieste pour interpréter Tadolini (1827), et plus tard à Livourne (1829). Il se fait entendre à Graz en 1832 dans I Baccanali de Roma de Generali, et The Harmonicon précise que « son chant est tout à fait dans le style ancien. »
Ses adieux à la scène datent de 1835, avec la représentation de ce même opéra de Generali, qui fait partie de ses pages fétiches. Ces représentations marquent la fin d'une brillante carrière au service de Rossini, Lavigna, Pavesi, Cimarosa, Guglielmi, Farinelli, Coccia, Mayr, Zingarelli, etc.

Alors que sa carrière n'est pas encore achevé, Bianchi officie comme pédagogue à Milan. Il enseigne par exemple au ténor Donzelli puis à Nicola Ivanoff. Sa vocalité est dans le style de l'époque : tessiture longue avec une belle extension dans l'aigu, fioritures abondantes, en tout cas dans le genre sérieux.

Cantata per il fausto ritorno di Ferdinando IV Il Re D. Cimarosa 1799 Naples
  E. Di Cesare, orchestra del San Carlo dir. G. Kuhn – captation de concert, Naples, 1987
I virtuosi ambulanti Fiordaliso V. Fioravanti 1807 Paris
  C. Valletti, orchestre de la Rai dir. R. Benaglio – CD Bongiovanni, report d'un enregistrement de 1960
Ciro in Babilonia Baldassare G. Rossini 1812 Ferrare
  Enregistrement au choix
Emma di Resburgo Norcesto G. Meyerbeer 1819 Venise


> sextuor Di Gioa, di pace
T. Walker, moderntimes_1800 orchestra dir. A. Stoehr – retransmission de concert, 2012
P. Nilon, Philarmonia orchestra dir. D. Parry – A Hundred Years of Italian Opera 1810 – 1820, CD Opera rara 1989
Eduardo e Cristina Carlo G. Rossini 1819 Venise
  O. Jara, I virtuosi di Praga dir. F. Corti – CD Bongiovanni
Demetrio, re di Siria Olinto G. S. Mayr 1823 Turin
  P. Friebe, Opera Obliqua dir. F. Agudin – CD Oehms 2012