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Antonio & Livia BARBIERI

1692 – 1772

Antonio Barbieri est originaire de Reggio Emilia. Il semble que ce soit à Mantoue que Vivaldi, grand découvreur de talent – il est également impresario – fasse la connaissance du chanteur. Déjà jeune, il possède une voix de bariténor longue et souple, ainsi que d'un solide sens dramatique.

En 1720, Barbieri intègre donc la troupe du compositeur et fait ses premiers pas à Venise dans La Verità in cimento, Filippo re di Macedonia, et chante dans La Candace à Milan. Sa carrière se déroule essentiellement dans la cité vénitienne, où il chante Albinoni, Chelleri, Capelli... et plus de vingt opéras au total. Dès 1724, il paraît avec Bordoni, Merighi et Scalzi dans deux opéras de Vinci, Berenice d'Orlandini, et Il Trionfo della virtù de Brusa. Barbieri peut en outre se flatter du titre de virtuoso di S.A.S. Filippo d’Hassia Darmetad [Hesse Darmstadt].
Sa carrière l'amène également à Rome, où se trouve le jeune Metastasio : il chante ainsi dans la Didone abbandonata de Vinci en 1725, dans Siroe de Porpora, dans l'Ezio d'Auletta, et crée le premier Scitalce dans la Semiramide riconosciuta de Vinci en 1729. Du même compositeur, il chante aussi Gismondo, re di Polonia en 1727. Il y retrouve aussi Vivaldi, et donne Tigrane et Giustino en 1724.
Alors que la vague métastasienne arrive à Venise au cours des années 1730, il incarne les rôles repris ensuite par tous les ténors, comme Iarba dans la Didone abbandonata de Sarro, Cosroe dans un pasticcio de Siroe, Lucio Papirio de Porpora, Clistene dans L'Olimpiade de Pergolesi et de Hasse (1738) ; il reprend également le rôle titre de Farnace de Vivaldi. Barbieri partage la scène avec les meilleurs interprètes, comme la Facchinelli ou la Bordoni, et le fameux Farinelli dans l'Adriano in Siria de Giacomelli.
À Naples, entre 1727 et 1729, il retrouve Vittoria Tesi pour Tigrane de Hasse, Carestini et Bernacchi dans Clitarco d'un certain Pietro Filippo Scarlatti. Il est également présent dans Attalo et Gerone de Hasse et La caduta dei Decemviri de Vinci et des œuvres de Feo.

Antonio semble croiser la route de la soprano Livia Bassi à Naples en 1729, par exemple dans Tamese de Feo. On trouve une mention antérieure de Livia Bassi à Venise en 1727, cette fois-ci avec le ténor Fabri. On ne l'identifie plus ensuite qu'aux côtés d'Antonio, qu'elle doit épouser vers 1730 : notamment à Pavie en 1731 et Florence en 1734-35. Elle accompagne Antonio à Vienne en 1735-36 (voire la saison suivante), fait unique dans leur carrière. Antonio et Livia chantent à Modène en 1738-39, notamment dans un Bajazette anonyme, avec le castrat Santarelli et la diva Stabili. Antonio se produit encore à Turin en 1740 avec Gizziello et la Strada, pour interpréter Leo et Galuppi.

Les vieux jours d'Antonio se déroulent plus paisiblement loin des planches : il est engagé à la chapelle de San Marco en 1733, et y chante quotidiennement jusqu'en 1759. Il semble décéder en 1772.
Antonio Barbieri était sans aucun doute l'un des meilleurs ténors de son époque et l'un des plus recherchés des années 1720 et 1730, avec Fabri, Pinacci et Tolve. Il chante tous les genres de musique, de la tradition vénitienne au style napolitain en vogue. En revanche, Livia était manifestement une chanteuse secondaire, qui a pu souffrir d'être dans l'ombre d'Antonio.
Barbieri foule les planches à une époque où les ténors commencent à se frayer un chemin vers le premier rang des interprètes d'opéras, alors que les opéras de Metastasio d'une popularité croissante constituent un véhicule flatteur. Les rôles de rois, pères et tyrans souvent incarnés par les ténors réclament des chanteurs doués d'un charisme évident. Barbieri en possédait à revendre, et ses partitions exigent une grande fermeté d'accent sur une tessiture étendue, sans atteindre les effroyables écarts écrits pour un Borosini.

La Candace Amasi A. Vivaldi 1720 Milan
> airs Chi s'oppone * quatuor Anima del mio cor P. Agnew, Modo antiquo dir. F. M. Sardelli – Arie d'opera, CD Naïve 2005
La verità in cimento Mamud A. Vivaldi 1720 Venise
>airs alternatifs Mi fè reo * Quando serve alla raggione

> air alternatif Vinta al piè
A. Rolfe-Johnson, ensemble Matheus dir. J.-C. Spinosi – CD Naïve
P. Agnew, Modo antiquo dir. F. M. Sardelli – Arie d'opera, CD Naïve 2005
T. Lehtipuu, I Barocchisti dir. D. Fasolis – Arie per tenor, CD Naïve 2010
Il Tigrane Mitridate A. Vivaldi 1724 Rome
  Acte II uniquement : T. Bench, Savaria Baroque Orchestra dir. P. Nemeth  – CD Hungaroton
Il Giustino Vitaliano A. Vivaldi 1724 Rome


L. De Lisi, Alessandro Stradella Consort dir. E. Velardi – CD Bongiovanni 2002
Version abrégée : L. De Lisi, Il Complesso barocco dir. A. Curtis – CD Virgin classics 2002
Berenice Flaviano G.M. Orlandini 1725 Venise
> air Per serbarti In Elpidia (pasticcio, 1725). R. Charlesworth, Opera settecento dir. L. Duarte – captation de concert, 2016
Rosmira fedele Armindo L. Vinci 1725 Venise
  S. Ferrari, La Cappella della pietà de' turchini dir. A. Florio – Partenope, CD et DVD Dynamic, 2012
L'Incostanza schernita Orsinda L. Vinci 1725 Venise
> air Quel sembiante Livia Bassi : A. Quintans, Concerto de' cavalieri dir. M. Di Lisa – CD Sony 2015
Farnace [4] Farnace & Berenice A. Vivaldi 1731 Pavie
  F. Zanasi & A. Fernandez, Le Concert des nations dir. J. Savall – CD Naïve