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Gregorio BABBI

1708 – 1768

Aussi [Balbi] [Baldi] [Babi]

Gregorio babbiLe ténor Gregorio Babbi voit le jour à Cesena.
On l'identifie d'abord dans des pages comiques de Buini à Bologne (La Maschera levata al vizio) avec Rosa Ruvinetti en 1730, mais en décembre de la même année, il se frotte déjà au grand genre à Florence avec le contralto Baldi.
Après Rome pour la saison 1731-32 (avec le déjà célèbre ténor Fabri), il se produit au San Samuele dans Euristeo de Hasse, avec Caffarelli et la Cuzzoni, puis dans La Caduta di Leone au Sant' Angelo, avec la seconda donna Giovanna Guaetti-Babbi, son épouse souvent présente avec lui sur scène. On l'entend aussi à Trévise, Lucques, Gênes et Pise. En 1735, il est encore à Venise pour La Griselda de Vivaldi avec la Girò. Babbi écume les plus grandes scènes italiennes : Turin (notamment dans Demetrio de Giacomelli avec la Viscontina et Senesino), Venise (y compris pour une nouvelle version de L'Olimpiade de Pergolesi), Reggio, Rome, Bologne, Padoue (Demofoonte de Jommelli)... Il est de retour à Turin en 1743-44 avec la Turcotti et Gizziello (Vologeso de Leo, etc.) puis encore pour le carnaval 1744-45.

En 1745-46, le ténor est à Naples et fait fureur au point qu'on l'engage à la chapelle royale afin de le maintenir en ville. Babbi entame alors une collaboration constante jusqu'en 1758-59 : il prend part, entre autres, à Il Sogno d'Olimpia de De Majo avec la Tesi (1747) ; La Clemenza di Tito de Perez avec Aschieri (1749) ; Adriano in Siria de Conforto avec Caffarelli et Caterina Flavis ; Temistocle de Jommelli avec Pilaja et Tenducci (1757) ; Ciro riconosciuto de Piccinni avec Rosa Tartaglini et Manzuoli (1759).
Durant cette période napolitaine, il paraît de temps à autre à Florence, Rome ou encore Milan. Babbi est aussi invité à Lisbonne où il échappe miraculeusement, avec ses collègues, au tremblement de terre de 1755, alors qu’il chante notamment l’Alessandro nell’ Indie de Perez et Antigono de Mazzoni avec Caffarelli et Gizziello. À son retour, il s'illustre à Gênes, Florence et Rome (Il Creso de Jommelli avec les sopranos Potenza, Millico et Caselli) avant de retrouver les scènes de Naples. En 1759, Gregorio est remplacé sur les planches du San Carlo par un ténor légendaire : Anton Raaff.

La beauté de la voix de Babbi fit chavirer le public napolitain, mais on doit certainement louer sa présence dans des rôles dramatiques de premier plan, notamment en pleine émergence métastasienne. De plus, son étendue et sa virtuosité étaient absolument remarquables : longues coloratures, écarts vertigineux et aigus solides ne lui faisaient pas peur. Dans son Voyage en Italie, J. de Lalande indique ce qui distinguait la technique de Babbi : il était capable de monter jusqu'à l'ut à pleine voix, contrairement à ses contemporains qui employaient la voix de fausset à partir du sol ; cela le rapproche des ténors modernes. Cependant, en 1771, la polémiste Sara Goudar le juge extrêmement sévèrement :
Babbi chantait avec plus de force que de goût. Quelquefois il violenta la scène. Il fallait qu'il chantât bien pour faire oublier qu'il était mal au théâtre. Ce petit homme s'y comportait comme un vrai charlatan.
Son fils devient compositeur et violoniste, et son petit fils Gregorio s'illustre également dans le chant, comme basse.

Maffoli

La Griselda Gualtiero A. Vivaldi 1735 Venise
  S. Ferrari, ensemble Matheus dir. J.-C. Spinosi – CD Naïve
Antigono Antigono A. Mazzoni 1755 Lisbonne
  M. Spyres, Il Divino Sospiro dir. E. Onofri – CD Dynamic 2014
Temistocle Temistocle N. Jommelli 1757 Naples
> air Serberò fra ceppi ancora E. Palacio, orchestre de chambre Salieri dir. T. Pál – Metastasio's Kings and Heroes, CD