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Giovanni ANSANI

1744 – 1826

Aussi [Anzani]

Giovanni Ansani est l'un des ténors les plus recherchés de son époque.
Né à Rome, il est possible qu'il reçoive quelques leçons du vieux Porpora. On raconte parfois qu'il rencontre J. S. Bach.
Ansani campe Fenicio dans le Demetrio de Pampani, à Venise, en 1768.
Il chante à Copenhague en 1770-71, à Stockholm en 1772, et se produit ensuite dans de nombreux rôles de premier plan dans les meilleurs théâtres italiens des années 1770 : La Clemenza di Tito de Mysliveček et Ipermestra de Naumann à Venise en 1773, avec la Schindlerin ; Aurora de Pugnani à Turin à l'occasion des noces du prince Carlo Emmanuele IV en 1775, avec le Bastardella ; et Naples très régulièrement entre 1776 et 1779 où il chante Platania, Mysliveček, Paisiello avec E. Teyber, Rubinelli, Marchesi, et son épouse, la fameuse virtuose Giuseppa Maccherini. Cette dernière semble dotée d'un aussi mauvais caractère que lui, et la légende rapporte que si l'un remporte trop de succès, l'autre en prend ombrage au point d'aller au théâtre siffler !

En 1780-81, Ansani est engagé à Londres, avec Roncaglia et Danzi-Lebrun. Il chante le pasticcio Ricimero. Mais les concerts du Pantheon sont tellement bien rémunérés qu'il se produit essentiellement dans ce cadre-là. En outre, son caractère s'accorde mal avec celui du maestro Sacchini et du castrat Roncaglia : il quitte la saison en cours. Lorsqu'il revient finalement à Londres, il sait néanmoins faire profil bas face à l'immense talent du soprano Pacchierotti, d'autant qu'il récolte autant de succès critique.
Burney est très élogieux sur Ansani, l'un « des meilleurs chanteurs dans le genre » [serio] ; « avec une excellente voix de ténor, […] grand, mince, raffiné, doté d’un goût sûr et faisant preuve d’expressivité dans les mouvements lents et d’une grande clarté dans le presto, il était capable d’exécuter les passages les plus rapides dans les airs de bravoure. »

Venise l'applaudit en 1788 dans l'Arsace de Guglielmi, avec T. Saporiti. En 1791, il est à Turin avec le castrat Senesino (Andrea Martini) dans Atalanta de Giordani. À Florence, en 1794 Ansani s'illustre brillamment dans Le Feste d'Iside, avec la soprano aiguë Teresa Bertinotti. Il prend sa retraite peu de temps après.

Une anecdote rapportée par Castil-Blaze illustre le succès des grands ténors de l'époque : Giacomo David, autre ténor d'exception, s'arrête un jour pour découvrir son rival qui chante alors à Bologne. Alors que le public acclame l'interprète, David commente d'un laconique « ce n'est que ça ! » Quelques années plus tard, Ansani tient sa revanche : David est indisposé et ne peut assurer la fin des séries de représentations du Pirro de Paisiello (sans doute à Livourne, en 1792). Ansani, présent en ville, se présente à l'impresario, ravit de trouver pareille doublure ! Ansani triomphe et David, une fois rétabli, n'ose reprendre le rôle.

Installé à Naples comme maître de chant, légende parmi les ténors, Ansani a pour élève une autre figure mythique de ce registre : Manuel Garcia, qui lui présente ensuite son fils. Ce dernier devient lui-même un pédagogue de grand renom, qui saura utiliser les conseils d'Ansani, qui sait ? peut-être eux-mêmes issus de Porpora.
Il est certain que le rôle d'une figure comme Ansani a été primordial dans l'évolution des typologies vocales et dramatiques à l'opéra. Le fait que tant de légendes existent à son sujet dit bien combien le ténor acquiert un statut eclipsant celui du castrat dans la seconde moitié du siècle, ce d'autant que les moyens de chanteurs comme Ansani, vocalisant avec aisance sur deux octaves et doué d'une grande force expressive, rivalisaient sans mal avec ceux des sopranistes et l'emportaient dans le cœur du public.

Lucio Silla Lucio Silla P. Anfossi 1774 Venise
> scène et air Chi mai vide * trio Perfidi, perfidi B. Bruns, Le Cercle de l'harmonie dir. J. Rhorer – retransmission de concert, Salzbourg, 2013
Demofoonte Demofoonte G. Schuster 1776 Forlì
  A. Post, La Ciaccona dir. L. Remy – CD Deutsche Harmonia Mundi
L'Olimpiade Clistene J. Mysliveček 1778 Naples


> air Del destin non vi lagnate
J. Chum, Collegium 1704 dir. Luks – Retransmission de représentations, Prague 2013
N. Phan, Venice Baroque Orchestra dir. M. Chryssicos – pasticcio L'Olimpiade, CD Naïve, 2012
Ifigenia in Aulide Agamemnone V. Martín y Soler 1779 Naples
  L. Aruhn-Solén, Real compañía ópera de cámara dir. J. Otero – CD K617
Misero pargoletto (air de concert) Timante J. M. Kraus 1783 Venise
  C. H. Ahnsjö, The Drottningholm Court Theatre Orchestra dir. T. Schuback – CD