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Elisabeth Augusta WENDLING

1746 – 1786

dite Lisl

Aussi [Elisabeth Sarselli] [Wendeling]

Elisabeth Augusta Sarselli voit le jour à Mannheim, ville de ses premiers succès et centre musical d'exception en Europe. Elle est la fille du ténor Pietro Sarselli et de son épouse la soprano Caterina Sarselli, employés depuis longtemps à la cour. C'est sans doute la raison pour laquelle ils prénomment leur fille comme la princesse-électrice du Palatinat, Elisabeth Augusta von Pfatz.

Elisabeth étudie avec son père et débute aux côtés de la célèbre Dorothea Wendling dans Sofonisba de Traetta, avec son père ainsi que les castrats Tonarelli, Caselli et le second ténor Pietro Paolo Carnoli. Pendant de nombreuses années, elle se produit comme seconda donna avec peu ou prou la même équipe dans Ifigenia in Tauride et Alessandro de De Majo, Adriano in Siria de Holzbauer, etc. L'arrivée du grand ténor Anton Raaff ouvre une nouvelle ère, marquée par Lucio Silla et Temistocle de J. C. Bach, entre autres. La troupe sert également abondamment l'opera buffa, et Elisabeth reprend L'Amante di tutte de Galuppi en 1770 ou encore L'Isola d'amore de Sacchini deux ans plus tard, avec d'autres ouvrages de Salieri ou Piccinni.

En 1764, Elisabeth Sarselli épouse le violoniste Franz Anton Wendling, musicien à l'orchestre de la cour et frère du flûtiste qui a épousé la prima donna Dorothea douze années auparavant : Elisabeth et Dorothea Wendling deviennent belles-sœurs, et très proches. La fille de Dorothea s'appelle Elisabeth Augusta (Gustl), si bien qu'Elisabetta Augusta senior (Lisl) rend l'hommage en nommant sa propre fille Dorothea. La situation prête volontiers à confusion !

En 1778, toute la cour de Mannheim est transférée à Munich ; les Wendling, la basse Zonca et le ténor Raaff font partie du voyage. Mozart écrit Idomoneo, re di Creta en 1781 ; Elisabeth Wendling est en pleine gloire et campe le puissant rôle d'Elettra. Son caractère bouillant et son agilité remarquable servent à merveille ce personnage torturé, opposé au tragique frémissant de Dorothea Wendling. Cette dernière se retire peu à peu des scènes bavaroises, et laisse la première place à Elisabeth, comme dans Semiramide de Salieri en 1782. En 1785, Lisl doit encore chanter le rôle titre d'Armida de Prati mais tombe malade et doit se faire remplacer par sa nièce Gustl ; Elisabeth Augusta Wendling ne paraîtra plus sur les planches, et meurt en 1786, en pleine gloire.

Elisabeth forme avec Dorothea Wendling un duo de cantatrices qui porte très haut la réputation de la cour de Mannheim. Elle participe ainsi pleinement aux expérimentations locales sur la forme de l'opera seria, mises en œuvre par des librettistes et compositeurs de talent disposant des meilleurs musiciens d'Europe.
Les rôles confiés à Elisabeth sont généralement des caractères forts et colériques, comme Sémiramis, la princesse Tomyris dans Ifigenia in Tauride, la sultane Roxane de Temistocle ou encore Électre de Mozart. Sa technique est bien plus brillante que celle de Dorothea, et lui permet de déployer la panoplie du soprano aigu d'agilité tant prisé à l'époque : Tomyris exige de longues coloratures et de fréquents si4 et contre-ut dièse. La tessiture du rôle est située presque une tierce au-dessus de celle d'Iphigénie, incarnée par Dorothea. Pourtant, l'Électre de Mozart exploite également la tessiture grave de la chanteuse (Tutte nel cor vi sento), même si Idol mio et la cavatine avec chœur du II sont plus aigus, et les notes piquées de l'air final l'amènent jusqu'au contre-ut. Cependant, lorsque Mozart l'entend dans une reprise de Günther von Schwarzburg à Mannheim, il précise que le rôle écrit pour la soprano suraiguë F. Danzi-Lebrun est trop élevé pour Lisl. Ainsi, l'hypothèse d'Albert Einstein selon laquelle l'air de concert de Mozart Sperai vicino il lido était destiné à Elisabeth Sarselli n'a jamais été confirmée, et ne semble guère crédible à la lumière de l'étude des rôles écrits pour elle.

Sofonisba Cirene T. Traetta 1762 Mannheim

> airs Chi d'insano amor delira * Quel'istesso tormento
M. Guglielmi, RAI napoli dir. G. Carracciolo – retransmission radio 1979
C. Ptassek, orchestre national de Mannheim dir. F. Chaslin – CD Genuin Musikproduktion
Ifigenia in Tauride Tomiri F. De Majo 1764 Mannheim
  S. Sieber, orchestre de l'opéra d'Heidelberg dir. T. Kalb – captation de représentations, Heidelberg, 1999
Alessandro nell'Indie Erissena F. De Majo 1766 Mannheim
  I. Kupke, orchestre du Nationaltheater de Mannheim dir. T. Ceccherini – CD Coviello classics, 2010
Temistocle Rossane J. C. Bach 1772 Mannheim
  M. Schönberg, Les Talens lyriques dir. C. Rousset – retransmission de représentations, Toulouse, 2005
Lucio Silla Celia J. C. Bach 1775 Mannheim
  G. Zeumer, Cappella Coloniensis dir. G. Kehr – 33t Voce
C. Sampson, Mozarteumorchester dir. I. Bolton – retransmission de concert, Salzbourg 2013
Idomeneo, rè di Creta Elettra W. A. Mozart 1781 Munich
  Enregistrement au choix
Semiramide Semiramide A. Salieri 1782 Munich
> air Sento l'amica speme D. Damrau, Le Cercle de l'harmonie dir. J. Rhorer – Arie di bravura, CD Virgin classics 2007