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Aloysia WEBER

ca 1760 – 1839

dite Louise Lange

Aussi [Aloisia] [Weberin] [-Lange]

Aloysia grandit à Mannheim, peut-être sa ville natale, avec ses sœurs Josepha (ensuite épouse Hofer), Sophie, et Constanze (ensuite épouse Mozart). C'est à Wolfgang et aux liens étroits qui les unirent qu'elle doit un intérêt particulier à notre époque.
Aloysia quitte Mannheim pour Munich en 1778, comme toute la cour : elle y fait ses débuts en tant que soprano, avant de passer au service de l'empereur Joseph II à Vienne dès l'année suivante. Le souverain met en place une troupe pour chanter le Singspiel, et c'est dans ce cadre que les Weber se rendent dans la capitale autrichienne. Malheureusement, le père d'Aloysia décède et la soprano finit par épouser l'acteur Joseph Lange. Mozart, qui avait apparemment souhaité – vainement – en faire sa femme vers 1777 lorsqu'il se trouvait à Mannheim, sans que l'on sache si ce désir était réciproque, retrouva une Aloysia très froide à Munich en 1779, ce qui se solda par des insultes. Mais alors que les Weber et Mozart se rencontrent à Vienne vers 1781, le climat est apaisé et le compositeur s'attache alors à la jeune Constanze. Il continue ainsi d'écrire de la musique pour Aloysia, connaissant parfaitement les capacités de sa voix très agile et suraiguë, lui faisant travailler les airs d'Anna De Amicis, notamment.
En 1782, Aloysia intègre la troupe du Burgtheater et participe à l'opéra italien, mais n'y demeure que quelques mois en raison de multiples bisbilles avec la direction et ses partenaires. C'est probablement lors de ce premier engagement qu'elle participe à une production du Curioso indiscreto d'Anfossi, pour lequel Mozart compose deux splendides airs de substitution. On l'entend toujours au Kärntnertortheater et occasionnellement au Burgtheater, pendant de nombreuses années. Ainsi, en 1788, c'est à elle que Mozart confie donna Anna dans la première viennoise de Don Giovanni, avec Albertarelli et Laschi. La cantatrice reprend également Die Entführung aus dem Serail, dans la redoutable partie écrite pour la Cavalieri ; en 1786, les deux divas s'écharpent à coup de contre-notes dans la parodie Der Schauspieldirektor. Aloysia Lange paraît régulièrement en concert, notamment dans le cadre de la Tonkünstler-Sozietät, participant par exemple à une reprise du Giob de Dittersdorf en 1788 avec Adamberger et la Cavalieri, ou à la création de Die Hirten bei der Krippe zu Bethlehem d'Eybler en 1794, avec la basse Saal. La création d'une cantate de Maria Theresa Paradis la confronte à la jeune Therese Gassmann : c'est toutefois la Lange que Zinzendorf distingue dans son journal. Aloysa se produit ailleurs : elle enchante Dresde en 1784, dans des pages de Naumann (airs de Cora und Alonso).

Elle part en tournée avec Constanze en 1795 ; Aloysia ne revient pas à Vienne mais bénéficie d'engagements à Amsterdam, Hambourg et Paris. En 1801, on l'appelle à Francfort où elle exerce comme pédagogue, sans cesser de chanter : elle donne Das Labyrinth de Winter en 1806. Les guerres napoléoniennes la chassent à Zurich en 1813, où là encore elle enseigne et se produit comme soprano, avant de revenir enfin à Vienne vers 1818. C'est avec ses sœurs qu'elle passe ses vieux jours à Salzbourg, à partir de 1831.

L'acteur danois Preisler entend la cantatrice à Vienne et en fait le rapport à la direction du théâtre royal de Cophenhague :
Sa voix est phénoménale, mais [...] loin d'être aussi bonne que notre Müller [la soprano Caroline Müller]. Cependant son registre aigu, sa délicatesse, son exécution, son goût et sa science ne peuvent que susciter l'admiration d'un critique impartial. [...] Elle est capable de chanter les parties les plus longues et difficiles infiniment mieux que les cantatrices italiennes choyées par la noblesse viennoise.

Ses aventures sentimentales avec Mozart ne doivent pas occulter la réalité de son talent. Même si sa carrière ne décolle guère à Vienne, elle rencontre tout de même un succès considérable où qu'elle paraisse. On se demande encore comment elle pouvait chanter Popoli di Tessaglia, où un long récitatif accompagné dramatique précède un air riche en passages culminant à deux reprises au sol5 ! Il est aussi envisageable qu'elle soit la destinataire du très difficile Sperai vicino il lido, qui correspond parfaitement à ses moyens (jusqu'au fa5), plutôt qu'Elisabeth Sarselli-Wendling comme on le lit très souvent.
Il s'agit indéniablement d'une des plus grandes interprètes et muses mozartiennes, et la diversité des airs qui lui sont destinés est d'une richesse inépuisable.

Rosamunde Emma A. Schweitzer 1778 Mannheim
  J. Amos, Radio Symphony Orchestra Stuttgart dir. J.W. de Vriend – retransmission de représentations, Schwetzingen, 2012
Alcandro... Non so donde viene Clistene W. A. Mozart 1778 Mannheim
[air de concert] Enregistrement au choix
Popoli di Tessaglia... Io non chiedo Alceste W. A. Mozart 1779 Munich
[air de concert] Enregistrement au choix
Nehmt meinen Dank W. A. Mozart 1782 Vienne
[air de concert] Enregistrement au choix
Vorrei spiegarvi * No che non sei Clorinda W. A. Mozart 1783 Vienne
[airs de substitution] In Il Curioso indiscreto, Anfossi. Enregistrement au choix
Mia speranza adorata.. Ah non sai Gandarte W. A. Mozart 1783 Vienne
[air de concert] Enregistrement au choix
Der Schauspieldirektor Mlle Herz W. A. Mozart 1786 Vienne
  Enregistrement au choix
Ah se in ciel benigne stelle Siveno W. A. Mozart 1788 ? Vienne ?
[air de concert] Enregistrement au choix
Récital hommage W. A. Mozart    
  C. Sieden, Orchestra of the Eighteenth Century dir. F. Brüggen – Mozart Arias For Aloysia Weber, CD Glossa 1999