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Katharina SCHINDLER

1753 – 1788

dite Schindlerin

Aussi [Schindlerin] [Schindlerinn] [Caterina] [Bergopzoom] [Bergopzoom-Leitner] [Bergopzoomer]

Cette cantatrice d'ascendance germanique naît sous le nom de Leitner. Sa sœur Marianne épouse un certain Schindler, et c'est une confusion qui semble faire en sorte que Katharina soit aussi désignée Schindlerin, nom qu'elle conserve une partie de sa carrière.
C'est donc désignée comme Katharina Schindler qu'elle paraît à Vienne en 1770-71 avec le castrat Millico. Le couple crée ensemble Armida de Salieri et Paride ed Elena de Gluck ; le Theatralkalender von Wien de 1772 évoque ainsi la chanteuse :
Mademoiselle Leitnerinn, également connue sous le nom de Schindlerinn, originaire de Vienne, était pour la première fois en charge des premiers rôles pour l'opera seria. Son apparence est agréable et sa voix plaisante, pure et claire, surtout dans l'aigu. On pourrait souhaiter un medium plus fourni, mais elle compense ce défaut par un jeu vif et expressif, tel qu'on n'en voit jamais sur les scènes italiennes. À peine avait-elle paru sur scène que les applaudissements lui étaient déjà acquis.

Elle passe les années suivantes en Italie, exigeant des cachets importants à Turin alors même qu'elle n'a pas fait ses preuves sur la péninsule. À Venise, celle que l'on nomme Caterina Schindlerin incarne Vitellia dans La Clemenza di Tito de Mysliveček, avec sa sœur, Sartorino et Ansani. La même saison 1773-74, elle se présente également dans Ipemestra de Naumann. C'est avec Rauzzini qu'elle donne Narbale de Bertoni : ce fameux castrat soprano devient son professeur.

Schindlerin et RauzziniLa Schindlerin accompagne ce dernier à Londres où il a réussi à la faire engager comme prima donna pour la saison 1774-75, succédant à Cecilia Davies – qui fait alors un procès à la direction de l'opéra pour rupture de contrat. Schindlerin intervient dans le pasticcio Armida, Piramo e Tisbe de Rauzzini en personne et encore Montezuma de Sacchini (dont elle chante aussi le Miserere lors d'un concert privé), illustré ci-contre, et si le castrat séduit le public on ne saurait en dire autant de la nouvelle soprano : Katharina pâlit de la comparaison avec Lucrezia Agujari, qui stupéfie les Londoniens aux concerts du Pantheon. Le Public Advertiser lui accorde tout de même le titre de « meilleure actrice parue sur notre scène italienne. » Jugée sotte et coquette en privée, la chanteuse n'est pas réengagée, malgré tous les efforts de son maître de chant, et c'est la fameuse Caterina Gabrielli qui lui succède.

Catherine SchindlerEn 1777, la Schindlerin retrouve Vienne, avec sa sœur, reprenant le Piramo e Tisbe de Rauzzini, mais cette fois-ci dans le rôle créé jadis par celui-ci. Le ténor Carl Friberth les accompagne. Malheureusement, sa sœur décède vers 1779. En 1780, Katherina est toujours dans la troupe allemande de Vienne, avec notamment Ignaz Saal.
En 1783, on retrouve la trace de la cantatrice sous un autre nom : désormais mariée à l'acteur Bergopzoom, c'est sous ce patronyme qu'elle fait partie de la chapelle du duc de Brunswick. Elle est prima donna seria et buffa, et le Magazin der Musik de Cramer précise qu'elle chante tous ses airs en respectant la partition d'origine. En 1782-83, c'est pas moins de 19 opéras qui sont proposés, surtout légers (Anfossi et autres), mais aussi sérieux ; elle brille particulièrement dans La Vera Costanza d'Anfossi, et fait jouer des œuvres de son répertoire, comme encore le Piramo e Tisbe de Rauzzini. Bondini l'invite à prendre part à la première saison d'opéra de son théâtre à Prague en 1783 : elle est sans doute Kostanze dans Die Entführung aus dem Serail. La diva reste à Prague jusqu'en 1788.

Les témoignages s'accordent pour concéder un certain talent d'actrice à la soprano, mais aussi une voix trop fine. Le rôle d'Armide écrit par Salieri exige par ailleurs un contre-ré de la part de ce qui devait être une voix de soprano léger. Sa popularité s'est surtout affirmée dans les pays germaniques, ce qui ne laissait pas de surprendre Lord Mount Edgcumbe, peu impressionné par la diva lors de son passage à Londres.

Armida Armida A. Salieri 1770 Vienne
> air Tremo bell'idol mio C. Reiss, L’Arte del mondo dir. W. Ehrhardt – Il tenero momento, CD Onyx classic 2011
Paride ed Elena Paride C. W. Gluck 1770 Vienne
  S. Gritton, Gabrieli Consort and Player dir. P. McCreesh – CD Archiv Produktion
Piramo e Tisbe Tisbe V. Rauzzini 1775 London
> Plusieurs scènes et airs S. True, Capella savaria dir. M. Térey-Smith – Venazzio Rauzzini: Opera arias and scenes, CD Centaur 2017