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Dorotea SARDI-BUSSANI

1763 – ?

Aussi [Dorothea]

La jeune soprano est la fille de Karl von Sardi, professeur à l'académie militaire de Vienne.
Sa voix est plutôt celle d'un soprano grave ou mezzo-soprano, pour les oreilles modernes. Elle débute dans le rôle de Cherubino des Nozze di Figaro en 1786. D'emblée, le public est séduit par le naturel et le charme de sa présence et de son chant. Pourtant, du pur point de vue musical, on s'accorde à dire que la jeune chanteuse est peu instruite et peine à interpréter les airs un tant soit peu difficiles – on suppose parfois que Non so più, exigeant une certaine rigueur rythmique et une intonation sinueuse, est coupé lors de la première série.
Quelque temps après, Dorotea épouse Francesco Bussani, basse de la troupe. On retrouve le couple très régulièrement dans les diverses reprises et créations comme les immenses succès Una cosa rara, Cosi fan tutte et surtout Il Matrimonio segreto de Cimarosa en 1792. Cette dernière œuvre plaît tellement à l'empereur qu'il demande à la troupe de la bisser le soir même de la création !
Si Dorotea Bussani chante régulièrement les œuvres de Da Ponte, celui-ci ne la porte guère dans son cœur ; en effet, il s'entend mal avec l'époux de la chanteuse, et le succès personnel de la soprano fait ombrage à sa maîtresse, la Ferrarese. Ainsi, il écrit fort objectivement dans ses mémoires :
... une Italienne, bien que désagréable et de peu de talent, s'était gagné grâce à ses affeteries, ses grimaces, ses intrigues théâtrales un grand nombre de partisans parmi les cuisiniers, les laquais, les valets de chambre, les coureurs, les coiffeurs, etc., et par suite était très contente d'elle.
Dorotea est en effet en concurrence avec maintes prime donne : la Storace, Luisa Laschi, la Cavalieri, la Ferrarese, Anna Morichelli... Sans compter Aloysia Weber-Lange ou Francesca Benucci. En 1795, les Bussani quittent Vienne et parcourent l'Italie.

Ils participent à Gli amanti in cimento de Guglielmi à Naples en 1800, compositeur qu'elle chante beaucoup, comme prima buffa assoluta. Seule, elle est toujours à Naples en 1803 dans Le Trame deluse de Cimarosa. Dorotea perd son époux en 1807, chante encore à Londres l'année suivante. Elle chante aussi régulièrement à Lisbonne en ces années-là et assurément en 1808, alors qu'elle interprète une cantate de Guglielmi, avec pour partenaire la Gafforini ou encore Luigi Brida.

La musique composée pour Dorotea est vocalement peu exigeante ; ce sont plutôt des qualités théâtrales qui sont requises, un charme, un charisme qui ne sont pas évidents à saisir, entre la finesse des émois d'un Cherubino ou les éclats bouffons de Lisotta dans La Cifra.

Le Nozze di Figaro Cherubino W. A. Mozart 1786 Vienne
  Enregistrement au choix
Una cosa rara Ghitta V. Martín y Soler 1786 Vienne
  G. Fabuel, Le Concert des nations, Capella Real Catalan dir. J. Savall – CD Astrée 1991
La Cifra Lisotta A. Salieri 1789 Vienne
> air Non vo' già che vi suonino C. Bartoli, Orchestra of the Age of Enlightenment dir. A. Fischer – CD Decca 2003
Così fan tutte Despina W. A. Mozart 1790 Vienne
  Enregistrement au choix
Il Matrimonio segreto Fidalma D. Cimarosa 1792 Vienne
  Enregistrement au choix