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Josepha HOFER

1758 – 1819

Aussi [Weber] [die Weberin] [Mayer] [Mayerin] [Meier]

Josepha est la sœur d'Aloysia et Constance Weber, famille intimement liée à l'histoire de Mozart : celui-ci tombe amoureux d'Aloysia mais, déçu, épouse sa sœur Constance. Toutes sont cantatrices, mais l'aînée Josepha et Aloysia sont celles qui mènent une réelle carrière, dotée de voix suraiguës et agiles.

Josepha HoferOn retrouve Josepha à Graz en 1787 puis à Vienne où elle épouse un musicien de la cour impériale, Franz de Paulo Hofer. La cantatrice fait partie d'une troupe d'opéra allemand, et doit par exemple interpréter Rosine dans une traduction du Barbiere di Seviglia de Paisiello ; le rôle est peu virtuose et Mozart le pimente du très complexe et élégant Schon lacht der holde Frühling K580 mais la production tombe à l'eau et l'air n'est malheureusement pas orchestré. Elle participe aussi occasionnellement aux concerts de la Tonkünstler-Societät et chante avec la Cavalieri dans Il Natale d'Apollo de Righini. La soprano chante également Die Liebe in Narrenhaus de Carl Ditters von Dittersdorf, et interprète un air qui excède celui de la reine de la nuit dans la longueur des traits (jusqu'à quatorze mesures) et en altitude (jusqu'au contre-sol).

Vers 1790, la Hofer intègre la troupe de Schikaneder. Elle chante par exemple le très agile rôle titre d'Oberon de Wraniztky en 1791, mais F. L. Schroeder juge ses aigus insuffisant, ce qui ne laisse pas de surprendre lorsqu'on considère le rôle que Mozart qui confie dans Die Zauberflöte [La Flûte enchantée]. Josepha Hofer y campe la légendaire reine de la nuit, dont la difficulté technique et les cinq contre-fa n'ont jamais quitté le répertoire et demeurent emblématiques des grandes virtuoses au tempérament dramatique. Elle reprend le personnage et les mêmes attributs vocaux dans la suite de l'opéra composée par Winter en 1798, Das Labyrinth. La troupe interprète des œuvres écrites collectivement par les chanteurs mais aussi par des petits maîtres comme Lickl ou Süssmayr. Ci-dessous une scène de Babilons Piramiden de Winter (1796), dans lequel Hofer incarne comme souvent une souveraine.

En 1797, Hofer devient veuve. Elle continue de chanter et finit par rencontrer celui qui devient son second mari, la basse Friedrich Sebastian Mayer. Le couple semble participer à un concert au bénéfice Constance Mozart avec La Clemenza di Tito. L'année 1805 marque la fin de la carrière de la soprano. Sa fille reprend ensuite le flambeau sur la scène.

Mozart devait certes apprécier ses capacités vocales mais juge la personne « grosse, paresseuse, perfide et aussi fourbe qu'un renard. » en 1781.

Schon lacht der holde Frühling Rosine W. A. Mozart 1789 Vienne
[air d'insertion] In Il Barbiere di Seviglia, Paisiello. Enregistrement au choix, version complétée
Il Natale d'Apollo Alceo P. Righini 1789 Vienne
> air Ombra dolente D. Damrau, Le Cercle de l'harmonie dir. J. Rhorer – Arie di bravura, CD Virgin Classics
Oberon Oberon P. Wranitzky 1789 Vienne
  A. Arneson, Chor und Orchester des Staatstheaters am Gärtnerplatz dir. A. Mounk – Captation de représentations, Schwetzingen, 1980
Die Zauberflöte Reine de la nuit W. A. Mozart 1791 Vienne
  Enregistrement au choix
Das Labyrinth Reine de la nuit P. von Winter 1797 Vienne
  J. Noviková, Mozarteum de Salzbourg dir. I. Bolton – Retransmission de représentations, Salzbourg, 2012