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Giovanna GASPARINI

1707 – 1776

Aussi [Gasperini] [Casparini] [Gasparina]

Giovanna GaspariniLa Gasparini est née à Bologne. Elle y paraît au théâtre dès 1723. Extrêmement brillante, elle dispose d'une voix légère et agile typique de la nouvelle école. Elle enchante l'abbé Conti quand il l'entend en Carilda dans Arianna e Teseo de Porpora à Venise en 1727 ; celui-ci estime qu'elle n'est en rien inférieure à la Bordoni. En 1729-1730, elle chante Galuppi, Albinoni, Pescetti et paraît sous le titre de virtuose de la cour de Mantoue. G. Gasparini, employée à plusieurs reprises par Vivaldi notamment à Vérone, paraît encore en 1738 à Venise, et 1739 à Prague où elle chante le rôle titre du pasticcio Semiramide, puis en 1740 à Graz pour l'ensemble de Mingotti. Giovanna se fait aussi entendre à Vienne, au Kärntnertortheater, où elle parvient à éclipser une Cuzzoni vieillissante.
Ramenée de Bologne en 1741, elle paraît à Berlin et s'impose au premier plan dès Rodelinda, dont elle est la protagoniste. Wilhelmine von Bayreuth avait prévenu le roi dans son pauvre français :
La Gasparini a passé par ici pour ce rendre a Berlin. Je l'ai entendue et puis vous assurer mon très cher frere que cette une des premieres chanteurs qu'il y est à présant ; cett la plus belle voix du monde et une charmante méthode, et il ny a pas la moindre comparaison a faire entre elle et la Farinella.
Frédéric rapporte donc à sa sœur, à qui il a également arraché le castrat Santarelli :
La Gasperini, comme vous le dites, est une admirable chanteuse ; mais Santarelli est si mauvais, qu'il aura son congé à la clôture de l'Opéra. Nos autres chanteurs sont tous assez passables ; pour de bons, il n'y a que la Gasperini.

Parmi les premiers rôles de la Gasparini figurent Cleopatra dans l'opéra qui inaugure le Hofoper (1742), Mandane dans Artaserse (1743) ; Emirena dans Adriano in Siria en 1745 puisque le roi écrit :
die ersten Acteurs müssen gut gekleidet werden : die Gasparini in Silber und magnifique, der Salimbeni auch

Elle continue sa carrière au second plan à l'arrivée de Giovanna Astrua. Elle est notamment Ismene dans Merope en 1756, et la vieille seconda donna que Mara décrit dans la troupe en 1771. En effet, le roi écrit en 1773, à propos de l'Eroe cinese, qu'elle peut bien assurer le secondo uomo si le castrat Coli n'est pas disponible. De fait, Gasparini reste en troupe jusqu'en 1774 (elle y reprend Creusa dans Demofoonte) et décède en 1776.
Burney, lors de son passage à Berlin, rencontre Gasparini, à qui il donne généreusement 72 ans, soit « un âge où la nature ne laisse le plus souvent qu'une voix pour se plaindre, ou celle d'une seconde enfance. »

Maîtresse d'une vocalité acrobatique parfaitement dans le goût de Frédéric II pour les voix légères et instrumentales, Gasparini est l'une des fidèles de la « famille  » du Hofoper, avec Romani, Paolino, la Molteni ou Porporino. Il est évident que de solides liens affectifs s'étaient noués entre le monarque et certains de ses chanteurs, présents si tard sur scène.
Si Vivaldi cultive plutôt la longueur et même le grave de sa voix, Graun s'intéresse à la partie aiguë, ce qui en dit long sur les capacités de la cantatrice. Alma oppressa (air de Licori) est en passe de devenir un favori des voix de soprano ou mezzo-soprano colorature, avec d'interminables guirlandes de vocalises.

La Fida Ninfa Licori A. Vivaldi 1732 Vérone
  S. Piau, ensemble Matheus dir. J.-C. Spinosi – CD Naïve
Catone in Utica Emilia A. Vivaldi 1737 Vérone
  Enregistrement au choix
Cleopatra e Cesare Cleopatra G. F. Graun 1742 Berlin
  J. Williams, Concerto Köln dir. R. Jacobs – CD Harmonia Mundi
Artaserse Mandane C. H. Graun 1743 Berlin
> duetto
> air Va tra le selve ircane
J. Nelson, basse continue – retransmission de concert, Herne, 1989
B. J. Schramm – The Muse Surmounted, CD Homophone records
Orfeo Aspasia C. H. Graun 1752 Berlin


> air Sento una pena
N. Or, Akademie für alte Musik Berlin dir. R. Popken – retransmission de représentations, 2003
J. Lezhneva, Concerto Köln, M. Antonenko – Carl Heinrich Graun, Opera arias, CD Decca 2017
Montezuma Erissena C. H. Graun 1755 Berlin
  C. Napoli, ensemble orchestral de Paris dir. J. Latham-Koening – retransmission de concert à Montpellier 1990