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Francesca FESTA MAFFEI

1778 – 1835

Aussi [Maffei-Festa]

Francesca Festa MaffeiFils du violoniste Festa, cette célèbre chanteuse étudie auprès du grand castrat Aprile et reçoit les conseils de Pacchierotti. Elle paraît tout d'abord à l'automne 1799 dans Un imbroglio ne porta un altro de Mosca, à Naples, avec la basse Carlo Casaccia. Francesca participe aussi à une cantate de Valtorta avec le castrat Mattucci. Dansa la ville, elle chante opera buffa, oratorio et autre azioni drammatiche jusqu'en 1801. Cette même année, la voici partie pour Florence où elle entame une longue série de prestations de prima donna seria dans des pages d'Orlandi, Cimarosa, Zingarelli, Mosca, Mayr ou encore Tarchi jusqu'à Turin (Zaira de Federicia) en 1803, avec notamment Mattucci, le ténor Adamo Bianchi ou la basse Pacini. De 1803 à 1805, Festa demeure sur les scènes de Venise et Padoue où elle revient à des genres plus légers sous la plume de Pucitta, Pavesi, Generali, Farinelli, Paër, Cordella, etc. Elle fréquente ainsi les excellentes basses Verni, Galli et Bassi. Sa carrière la mène ensuite à Milan, Bergame, Florence, Rome, Venise, Bologne, Ferrare et Turin, villes où elle alterne les styles, de Don Chisciotte della Mancia de Generali (1805) à Debora e Sisara de Guglielmi (1808) et Palmerio e Claudia de Lavigna (1809).


Francesca Festa-Maffei s'installe un temps à Paris où elle fait fureur dès 1809, rivalisant heureusement avec Mme Barilli, adulée du public parisien. En France, elle reprend Griselda de Paër, grand succès local où avaient déjà été applaudies Strinasacchi et Giorgi-Belloc, ainsi que La Molinara ou encore I Zingari in fiera de Paisiello. Pour le Moniteur universel, l'impression est positive :
La voix de Mad. Festa est un véritable soprano d'une très belle étendue et de la plus belle qualité ; cette voix est pleine, sonore, naturellement expressive ; la méthode de la cantatrice la retient toujours dans les bornes de la pureté, de la simplicité de l'école ancienne, quelques sacrifices au goût moderne, quelques agréments faits avec délicatesse et sobriété apportent un peu d'adoucissement à la sévérité habituelle et à la correction soutenue qui caractérisent le talent de cette virtuose.
Festa Maffei chante encore Ser Marcantonio de Pavesi en 1813, année où l'on cherche à reintroduire l'opera seria italien à Paris. Mais Il Pirro de Paisiello, pilier du répertoire italien depuis plus de vingt ans (ici évidemment très adapté) donné avec Crivelli et la Sessi, n'obtient pas le succès voulu, ce que certains attribuent à l'inadéquation de la Festa au grand genre... Il est vrai que Paris n'avait pas connu la chanteuse dans ce type d'incarnation.

C'est ensuite à Milan qu'elle se fixe, retrouvant Andrea Verni et le ténor Eliodoro Bianchi par exemple dans Avviso al pubblico de Mosca ou en Fiordiligi de Mozart. C'est là qu'elle crée un chef-d'œuvre de Rossini, Il Turco in Italia, avec le buffo Pacini. Elle interprète des pages de Nicolini (L'Ira d'Achille avec le ténor Tramezzani), Mayr, Paër (la célèbre Agnese) ou Mozart (Donna Anna). On l'entend encore à Turin, Florence, Faenza, Lugo, Ferrare et Reggio Emilia, où elle continue de toucher à tous les genres, comme Aureliano in Palmira de Rossini. Alors que le succès de ce dernier se propage comme une traînée de poudre, Francesca comme ses collègues commence à reprendre ses opéras un peu partout, que ce soit en Desdemona, Amenaide, Cenerentola (Venise et Naples 1818) ou Armida. Cela ne l'empêche pas de créer d'autres contemporains, comme Tritto et Carafa. À Munich, elle redonne Clotilde de Coccia et des pages de Meyerbeer et Poissl en 1820, sans négliger au même moment les théâtres de Milan, Vicence, Bologne et Venise.
Dans les années 1820, Francesca Festa reprend d'autres rôles rossiniens (Eduardo e Cristina, Mosè in Egitto, Bianca e Falliero, Ciro in Babilonia etc.). Elle crée également Elena e Malvina de Soliva avec sa rivale Teresa Giorgi-Belloc et reprend des succès de Meyerbeer (Il Crociato in Egitto et Margherita d'Anjou), Morlacchi (Tebaldo ed Isolina avec Crivelli) et Cimarosa (Gli Orazi e i Curiazi), parfois en travesti, à Modène, Lucques, Pérouse, Florence, Brescia, Bologne... En 1828, sa dernière prestation semble avoir lieu à Bergame dans Ilda d'Avenel de Nicolini où paraît sa fille Matilde Maffei.
Elle se retire et enseigne un temps à Bologne, avant de mener la même activité à Saint-Pétersbourg où elle termine ses jours.

Véritable soprano au médium solide, Francesca Festa se distingue par son style ample et expressif ainsi que l'agilité de la plus haute école nécessaire pour le répertoire classique. Signe du temps également, sa grande versatilité de style, du sentimental au comique en passant par le religieux et le grand style serio.

La Fuga in maschera Elena G. Spontini 1800 Naples
  R. Rosique, I Virtuosi italiani dir. C. Rovaris – DVD Euroarts 2012
Agatina, o la virtù premiata Tisbe S. Pavesi 1814 Milan
> trio Come Paride alle grazie A.Bolton, Philharmonia Orchestra dir. D. Parry – 100 Years of Italian Opera 1810 – 1820, CD Opera rara
Il Turco in Italia Fiorilla G. Rossini 1814 Milan
  Enregistrement au choix
Maometto Pamira P. von Winter 1817 Venise
  M.L. Borsi, Czech Chamber Soloist, Brno dir. G. Bellini – CD Marco Polo 2004
Andronico Irene S. Mercadante 1821 Venise
> duetta Nel seggio placido M. Cullagh, London Philharmonic Orchestra dir. D. Parry – Paventa insano, CD Opera rara 2006
Elena e Malvina Elena C.E. Soliva 1824 Milan
  E. Scano, orchestre de la Svizzera italiana dir. D. Fasolis – captation de concert, Lugano 2003