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Orsola FABRIZI-BERTINI

? – 1842

Aussi [Orsolina] [Fabbrizi] [Fabrizzi]

On repère la soprano dans le genre qui fera exclusivement son succès, l'opéra bouffe (devenant certes de plus en plus sentimental et se calquant sur les pièces à sauvetage de l'opéra comique français), à Naples, en 1782-83. Elle est à Venise pour Le Burle per amore en 1784, avec Raffanelli. Deux ans plus tard, elle se présente à Padoue.

Vers 1787-88, Orsola se rend à Barcelone en qualité de prima buffa. Elle y demeure plusieurs saisons pendant lesquelles les Catalans admirent sa voix et ses interprétations de Cimarosa, que l'on joue principalement, mais aussi Guglielmi, Paisiello (Nina, encore tout nouveau) Tritto, Caruso, Anfossi (par exemple L'amore artigiano) etc. Plusieurs compositions sont signées Vincenzo Fabrizi, sans doute lié à la cantatrice. Elle chante aussi Cimador et Zingarelli avant de quitter la ville en 1795.
Elle rejoint alors Londres pour remplacer Anna Morichelli comme prima buffa. Fabrizi reste en terre britannique pour la saison 1796-97 avant de regagner le continent. Elle peut chanter avec les grands Viganoni, Morelli et Rovedino, notamment Il Tesoro de Mazzinghi. À sa première apparition dans I Traci amanti, The Morning Chronicle commente :
Sa voix est forte et claire plutôt que douce, et elle chante avec un goût et une science remarquables. L'œuvre sollicite largement ses talents comiques avec quantité d'incidents amusants, et elle a dû bisser deux airs.
Globalement, la presse se fait l'écho d'une chanteuse vive et habile capable de très bon moments, avec une voix puissante, mais parfois peu émouvante.

Elle se produit ensuite à Naples avec le ténor Brida dans L'apprensivo raggirato de Cimarosa en 1798, et avec la très célèbre basse locale Carlo Casaccia en 1800. En 1799-1800, la soprano interprète aussi des cantates de circonstance au palais royal, notamment pour le retour du roi Ferdinand IV, ainsi que l'oratorio Abramo avec le castrat Mattucci. Rome peut l'applaudir en 1801, sur une musique de G. Farinelli, et elle paraît avec Brocchi à Venise la même année. Elle partage l'affiche avec une autre grande basse, Raffanelli, à Milan en 1804. En 1809, la soprano se produit encore en concert à Bologne.
C'est du reste dans cette ville qu'elle est établie et meurt, en 1842.

Prima donna typique de l'époque, elle met des moyens vocaux non négligeables et une vraie virtuosité au service du genre buffo et semi-serio, ce dernier étant d'ailleurs propice aux épanchements sentimentaux le rapprochant de l'opera seria. Dans l'opéra de Fioravanti, elle peut s'amuser des figures poétiques et musicales éculées du grand genre revues par une paysanne un peu fruste, par exemple dans une leçon de chant cocasse tout de même prétexte à diverses démonstrations virtuoses.

 

Le cantatrici villane Rosa V. Fioravanti 1798 Naples
  A. Noni, Orchestra di Napoli dir. M. Rossi – CD Warner-Fonit, rééd. 1951
C. Gasdia, orchestre du San Carlo dir. T. Severini – captation de représentations, Naples, 1990
Li Sposi in cimento Drusilla L. Mosca 1800 Naples
  S. Dugdale, Philharmonia Orchestra dir. D. Parry – 100 Years of Italian Opera, 1800 – 1810, CD Opera rara.