Liste des sopranos

Liste des contraltos

Liste des castrats

Liste des tenors

Liste des basses

Josepha DUŠEK

1754 – 1824

Aussi [Duschek] [Dussek] [Dusková]

Josepha naît sous le nom de Hambacher à Prague. Elle étudie avec celui qu'elle épouse en 1776, le pianiste et compositeur Franz X. Dušek, et devient elle-même capable de jouer au clavier et de composer.

Josepha DusekPossédant une belle voix de soprano étendue et capable d'affronter toutes les difficultés, elle s'impose vite comme la première interprète de la ville, essentiellement dans le cadre de concerts. Elle part en tournée à travers l'Allemagne, mais aussi Vienne, Varsovie, Salzbourg... Naumann lui dédie sa petite pièce Die Lehrstunde von Klopstock en 1784 ; la chante-elle à Dresde ? Elle l'interprète en tout cas plus tard en 1796, et est longtemps proche du compositeur, chez lequel Mozart la croise en 1789. Zinzendort l'entend en privé chez plusieurs hôtes de marque dans la capitale autrichienne en 1785 ; Josepha chante ainsi un air du Re Teodoro in Venezia de Paisiello et Non vi turbate d'Alceste de Gluck. Leopold Mozart commente, après un concert à Salzbourg en 1786 :
Madame Duscheck a chanté ; mais comment ! Tout ce que je peux dire, c'est qu'elle a crié un air de Naumann avec une expression outrancière, comme avant, mais en pire. C'est la faute de son mari ; il n'y connaît rien, mais lui donné des cours, et l'a persuadée qu'elle est seule maîtresse du bon goût.
Son talent semble toutefois susciter l'admiration de Mozart, ami de la famille où il loge lors de ses séjours tchèques. Chez la soprano, il vante la puissance expressive et la qualité du grave. En 1777, alors que Josepha est en visite à Salzbourg, Mozart lui compose le vigoureux Ah, lo previdi... Ah, t'invola agl'occhi miei (K272). Plus tard, il fait travailler le difficile rôle de Vitellia à Josepha, pour laquelle il n'est pas exclu que Mozart ait écrit le rondo Non più di fiori dès avril 1791, même si l'air a pourtant bien été créé par Marchetti-Fantozzi dans La Clemenza di Tito. Il lui dédie aussi un air de concert rempli de chausse-trapes musicales, Bella mia fiamma, addio (K528).
L'empressement de Mozart envers la chanteuse et l'attachement dont il fait preuve ont laissé la porte ouverte à maintes conjectures, comme c'est le cas avec Anna Storace ou Aloysia Weber.

Lorsque le cher Mozart décède, elle chante en son honneur, et donne régulièrement sa musique en concert dans la suite de sa carrière, notamment le fameux Non più di fiori à Vienne. Dušek chante également Naumann (airs extraits des opéras scandinaves comme Amphion), puis Weber.
En 1796, c'est Beethoven qu'elle interprète à Leipzig : elle y chante une scène composée pour elle, peut-être Ah, perfido!, grande et difficile scène dramatique écrite sur mesure pour une voix longue – la chose est incertaine, puisque l'œuvre est dédicacée à la comtessede Clari. À l'occasion d'un concert à Vienne deux ans plus tard, le chroniqueur Zinzendorf note dans son journal (en français) :
La Duscheck chanta avec une grande etendue de voix un air allemand de Naumann d'une musique bien appropriée aux paroles.

La cantatrice est renommée pour son expressivité, tant dans les récitatifs que dans les airs de bravoure. Mais cette expressivité est souvent jugée outrée : ni Schiller ni la duchesse Amélie ne goûtent son autosatisfaction à Weimar en 1788, et Korner répond à Schiller qu'en effet, son expression est caricaturale. Après un concert à Dresde en 1785, un critique précise :
La beauté, la force et la brillance de son chant la mettent au-dessus de l'Allegranti, mais pour les aigus et la souplesse de la gorge, elle n'égale pas [Josepha] Hellmuth.

Ah, lo previdi K272 W. A. Mozart 1777 Salzbourg
  Enregistrement au choix
Bella mia fiamma, addio K528 W. A. Mozart 1787 Prague
  Enregistrement au choix
Ah perfido! L. van Beethoven 1796 Leipzig
  Enregistrement au choix. Attribution incertaine