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Liste des basses

Lorenza CORREA

1773 – 1831

Aussi [Laurença Nunes Correia] [Correa Morales]

Lorenza CorreaLorenza Correa baigne dès son enfance dans le milieu théâtral : ses parents José Correa et Petronila Morales sont acteurs à Madrid. Sa sœur Laureana est également cantatrice de renom. C'est donc probablement en Espagne qu'elle grandit, même si son père semble d'origine portugaise.

Il semble qu'elle paraisse sur les planches dès 1787, encore enfant, prestation saluée dans El Correo de l'année. Plusieurs concerts sont signalés par la suite, notamment Il Ritorno di Tobia de Haydn. Engagée au teatro de la Cruz à Madrid (où elle est présente au moins entre 1790 – elle chante un Jephté vers 1796 – et 1803), Lorenza rejoint finalement le teatro de los caños del Peral, où elle chante avec le directeur de la troupe, le ténor Manuel Garcia : on lui a en effet proposé un salaire plus conséquent. Mais le théâtre de la Cruz proteste, et Lorenza finit par prendre le large avec son époux, vers 1804.

Elle paraît en France en concert (l'Allegemeine musikalische Zeitung en fait un commentaire enthousiaste, notamment d'une scène de Righini) et gagne l'Italie pour se produire dès la fin de l'année à Turin, dans l'Armida de Haydn et Sofonisba de Federici. L'année suivante, elle participe à une pièce de circonstance de Paisiello, avec le castrat Vellutti. Après un passage à Livourne, c'est sur la scène du San Carlo qu'elle brille, dans des pièces de Nasolini, Zingarelli, Cimarosa, De Santis, Andreozzi, Farinelli etc... Elle partage la scène avec le ténor Crivelli et Velluti, notamment, jusqu'à Aristodemo de Pavesi en 1807. Elle passe alors à Venise pour deux saisons, toujours interprète privilégiée de l'opéra séria, avant de retrouver Turin en 1809-1810, avec Nozzari et la contralto Malanotte.
Lorenza CorreaEn 1810, Correa retrouve Garcia à Paris, au théâtre des Italiens, où elle débute dans La Vedova cappricciosa de Guglielmi.
La soprano paraît ensuite à Milan, cette fois-ci dans des comédies comme I Pretendenti delusi de G. Mosca, mais aussi des pièces sérieuses dont Aureliano in Palmira du jeune Rossini, en 1813, et des opéras de Mayr etc. Elle reprend aussi la Zerline de Mozart ou la Rosine de Paisiello. On l'entend encore à Turin, Milan, comme dans La Chiarina de G. Farinelli, en 1816. En 1818-19, la soprano rentre à Madrid pour y répandre la ferveur rossinienne.

En 1831, Lorenza Correa reçoit une pension de la couronne d'Espagne. Elle avait pourtant tout fait pour éviter de se rendre à Madrid, où elle était convoquée en 1815, avec le retour à la monarchie et à une administration des spectacles très stricte et contraignante envers les artistes. Elle retourne sans doute en Espagne au cours des années 1820, cependant.
Dans sa Vie de Rossini, Stendhal la décrit avec enthousiasme comme « une des plus belles voix de femme qui aient paru depuis quarante ans ». Dans ses Voyages en Italie, il la juge « égale, si ce n'est supérieure à la Catalani ». Sa renommée était déjà suffisamment importante en Espagne pour que Goya en laisse un beau portrait, peint vers 1800 et conservé au Louvre. Elle est l'une des meilleures cantatrices du tournant du siècle, brillante virtuose assurément. La partition du Merope de Nasolini qu'elle interprète à Naples en 1806 est hérissée d'ornements suraigus, dans le goût de la fin du XVIIIe siècle.

Elisabetta d'Inghilterra Elisabetta S. Pavesi 1809 Turin
> duo Minacci, ah! Parti indegno E. Harry, Philarmonia Orchestra dir. D. Parry – 100 Years of Italian Opera, 1800-10, CD Opera Rara
Aureliano in Palmira Zenobia G. Rossini 1813 Milan
  Enregistrement au choix
Agatina Clorinda S. Pavesi 1814 Milan
> trio Come Paride alle Grazie M. Hill Smith, Philarmonia Orchestra dir. D. Parry – 100 Years of Italian Opera, 1810-20, CD Opera Rara