Liste des sopranos

Liste des contraltos

Liste des castrats

Liste des tenors

Liste des basses

Katharina CAVALIERI

1755 – 1801

Aussi [Catarina] [Caterina] [Catharina Maria Josepha] [Kavalieri] [Cavalier] [Cavaglieri] [Cavallieri]

La Cavalieri est un pur produit de Vienne, où elle voit le jour (ou plutôt Währing, à proximité) et mène l'ensemble de sa carrière, ce que ne laisse guère supposer son patronyme, a priori. On ne sait établir avec certitude, cependant, s'il s'agit d'une Mlle Cavalier née en 1760 ou d'une autre née en 1755 ; supposons qu'il s'agit de la seconde, qui italianise ensuite son nom.

Katharina CavalieriSes débuts datent de 1775 au Kärtnertortheater, comme prima donna de La Finta Giardiniera d'Anfossi. Elle chante aussi un œuvre de son maître, Salieri. Dès cette prestation, le public admire sa voix dotée de graves très sonores et d'une agilité impressionnante allant volontiers se perdre jusqu'au contre-ut et contre-ré. En 1776-77, la Cavalieri chante encore l'opéra italien au sein de la troupe d'un certain Fanti. L'année suivante, elle entame une série de créations et reprises de Singspiele qui font d'elle une interprète importante du genre allemand émergent : elle propose le Bergknappen d'Umlauf en 1778 (image ci-contre), et crée à une année d'intervalle Der Rauchfangkehrer de Salieri et Die Entführung aus dem Serail de Mozart. Dans ces deux œuvres, la cantatrice interprète des airs de bravoure très développés, avec une vaste intrumentation concertante et un flot de coloratures flattant l'étendue de son organe du grave au suraigu. Le rôle de Konstanze est incontestablement un joyau de l'opéra allemand et un défi pour toute cantatrice. Les concessions avouées de Mozart à l'agilité de sa première chanteuse s'expliquent par son admiration pour elle et sa volonté de s'attirer les bonnes grâces de l'interprète comme de celui qui est son protecteur et peut-être amant, Antonio Salieri.
Catarina CavalieriLorsque Joseph II décide de privilégier l'opéra bouffe, au grand dam de Mozart, Cavalieri fait partie des chanteurs employés dans le genre italien. Elle participe donc aux opéras de Storace, Cimarosa, Paisiello. Vers 1783-84, Mozart songe à elle lorsqu'il entame Lo Sposo deluso, qui demeure inachevé. La Cavalieri prête sa voix à Gli Sposi malcontenti de Storace, et La Scuola de' gelosi de Salieri. On l'entend aussi dans les reprises viennoises de Don Giovanni (1788, avec l'air Mi tradi écrit spécialement pour l'occasion) et des Nozze di Figaro (1789) ; le grand air de la contesse est augmenté de divisions dans la strette Ah! se almen la mia costanza. Elle a aussi le privilège de chanter Giulio Sabino de Sarti avec Luigi Marchesi lorsque le grand castrat passe à Vienne en 1785 – Zinzendorf estime cependant que les « cris » de la soprano couvrent la voix de l'élégant castrat. L'année suivante, Cavalieri fait partie du camp allemand lorsque Der Schauspieldirektor est confronté à Prima la musica e poi le parole. Elle y retrouve son partenaire d'élection Adamberger. Mozart retravaille aussi pour elle sa nouvelle version d'Acis und Galatea de Haendel, pour le baron von Swieten.

La diva se produit en outre très régulièrement lors des concerts de bienfaisance de la Tonkünstler-Sozietät : on l'y entend une première fois en 1776 dans Isacco, figura del redentore de Dittersdorf, puis toutes les années suivantes dans des pièces du même et de Haydn, Wagenseil, Salieri, Starzer, Sarti, Giordani, Ulbrich etc. Ses prestations sont plus espacées après 1786, et sa dernière apparition date de 1792, avec Venere a Adone de Weigl dans lequel elle paraît avec le ténor Calvesi, la basse Saal et Dorotea Bussani. La soprano prend sa retraite une année plus tard.

Il semble que vers la fin des années 1780, ses suraigus soient quelque peu émoussés. Critiquée pour son jeu médiocre, sa mauvaise prononciation et sa rigidité sur scène, elle parvient toutefois à améliorer sensiblement ces défauts, sans atteindre le charme scénique de ses rivales Anna Storace ou Celeste Coltellini, bêtes de scène. Il faut dire qu'elle souffrait sans doute d'un problème à un œil, lui interdisant de « faire les yeux doux » (comme le dit Joseph II en personne au comte Rosenberg).
Tobias Philipp von Gebler loue sa « voix puissante et agréable, avec des graves et des aigus comme on en entend rarement » et son abattage dans l'agilité ; le nom du personnage de Silberklang était en fait parfaitement choisi pour désigner cette interprète s'imposant essentiellement grâce à sa voix.

La Finta Scema Vanesia A. Salieri 1775 Vienne
> air Se spiegar potessi anch'io D. Damrau, Le Cercle de l'harmonie dir. J. Rhorer – Arie di bravura, CD Virgin Classics
La Passione di Gesù Cristo Maddalena A. Salieri 1777 Vienne
  Enregistrement au choix
Der Rauchfangkehrer Nannette A. Salieri 1781 Vienne


> air Basta, vincesti... Ah non lasciarmi
> air Wenn dem Adler das Gefieder
Version en anglais : J. Todd, The orchestra of the antipodes dir. E. Helyard – retransmission de concert, Sidney 2014
D. Damrau, Le Cercle de l'harmonie dir. J. Rhorer – Arie di bravura, CD Virgin Classics
P. Michaels,  Classical arts orchestra dir. S. Alltop – Divas of Mozart's Days, CD Cedille Records
Die Entführung aus dem Serail Konstanze W. A. Mozart 1782 Vienne
  Enregistrement au choix
Lo Sposo deluso Bettina W. A. Mozart 1784 Vienne
> quatuor Enregistrement au choix
Davvide penitente W. A. Mozart 1785 Vienne
  Enregistrement au choix
Gli Equivoci Luciana ? S. Storace 1786 Vienne
  Version anglaise : BBC Northern Symphony Orchestra dir. S. Bedford – The Comedy of Erors, retransmission radio 1977. Attribution incertaine.
Der Schauspieldirektor Mlle Silberklang W. A. Mozart 1786 Vienne
  Enregistrement au choix
Giob Zara C. von Dittersdorf 1786 Vienne
  M. Schäfer, Das Kleine Konzert dir. H. Max – CD CPO
Acis und Galatea Galatea Haendel/Mozart 1788 Vienne
  B. Bonney, The English Concert dir. T. Pinnock – CD L'Oiseau-lyre
Mi tradi Donna Elvira W. A. Mozart 1788 Vienne
[Air d'insertion] In Don Giovanni, Mozart. Enregistrement au choix
Il Natale d'Apollo Erifile P. Righini 1789 Vienne
> air Ove sono? Qual aure io spiro D. Damrau, Le Cercle de l'harmonie dir. J. Rhorer – Arie di bravura, CD Virgin Classics