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Angiola CALORI

1732 – ca 1790

Aussi [Angela] [Calore]

On l'identifie à Trévise en 1755 puis comme seconda donna à Brescia en 1756 avec la Giacomazzi dans Artaserse de Galuppi, mais aussi à Venise avec Marianino ainsi qu'à Padoue. L'année suivante, elle est à Ferrare et interprète la Nitetti de Traetta à Reggio Emilia avec Rosa Tartaglini et son époux Tibaldi, Guadagni, et Belardi.

En 1757-58, la voici engagée comme seconda donna du King's Theatre de Londres. Elle débute dans Zenobia de Cocchi et participe à bien d'autres productions encore durant plusieurs saisons au cours desquelles elle croise le primo uomo Potenza, le jeune Tenducci, le castrat Cornaggia et les chanteuses Colomba Mattei et Giulia Frasi. La musique est souvent signée du maestro Cocchi sur des livrets de Metastasio, mais elle participe aussi à quelques opéras bouffes. La soprano paraît également en concert, et interprète par exemple L'Isola disabitata de Jommelli. Ses dernières prestations à Londres datent de 1761.

La soprano retrouve l'Italie, et on la repère à Vérone en 1763, puis Reggio l'année suivante. En 1765, Calori est prima donna à Venise au Fenzo modesto, avec les castrats Goti et Toschi, chantant notamment Bertoni et Traetta.

Entre 1766 et 1769, elle se produit à Prague où elle interprète Bertoni, Boroni avec Cornaggia et De Mezzo, puis chante avec le grand Ansani et le castrat Priori, par exemple dans la Semiramide de Mysliveček. La troupe dont elle fait partie s'installe à Dresde où elle chante avec le jeune ténor Guardasoni. Elle fait partie des chanteurs de valeur de l'ensemble, et Burney l'y entend en 1772 dans une pastorale de Salieri, L'Amor innocente, la jugeant diminuée par rapport à ses prestations londoniennes une douzaine d'années auparavant. Il rappelle toutefois qu'il « ne lui manquait que de l'esprit pour en faire une excellente interprète ; car sa voix, son trille et son exécution étaient bons. » Calori chante aussi Tisbe dans Piramo e Tisbe de Hasse en 1775. L'année suivante, elle est encore à Dresde où Reichardt l'entend et confirme la déchéance des moyens de la cantatrice. En 1773, le comte Podewils écrit à James Harris, depuis la ville saxone, et résume ainsi ces avis – en français dans le texte :
Nous avons icy pour tout spectacle un opera bouffa italien qui ne vaut pas assurément notre comédie francoise: il n'y a que 3 hommes, & 3 femmes. La plus jolie des dernières se nomme Calori, femme deja fors sur le retour, mais qui malgré cela a debarassé My Lord Chesterfield de 2 ou 3 milles guinées.

De retour en Italie, Calori reprend aussi le rôle titre de l'Orfeo de Bertoni (après 1776), et se fait entendre à Vicence dans L'Avaro en 1778. Il semble que sa carrière se poursuive jusqu'en 1783 environ.

Dans un fameux épisode de ses mémoires, Casanova croise un charmant jeune chanteur surnommé Bellino qui le trouble énormément, avant qu'il ne se rende compte qu'il s'agit en réalité d'une cantatrice travestie nommée Teresa. Plusieurs experts on voulu associer cette figure à Angela Calori – sur la foi d'un extrait ensuite coupé par l'auteur lui-même où il raconte ses retrouvailles avec Angela à Prague – , bien que l'histoire soit probablement en grande partie fictive, et que cette Teresa s'inspire de plusieurs personnages réels. Casanova cite néanmoins explicitement la Calori dans d'autres passages, évoquant le mari et les amants de la cantatrice à Londres :
Peu après j'allai rendre visite à la Binetti. Elle me raconta que la Calori avait déjà eu plusieurs amants, que ce genre d'industrie lui avait fait gagner beaucoup d'argent, et qu'elle était pour le moment à la charge du célèbre violon Giardini.

On prête à Angela Calori une voix d'une étendue remarquable et une extrême agilité, parfaitement dans le goût du moment : c'est ce que confirme les airs que nous pouvons écouter.

Semiramide riconosciuta Semiramide T. Traetta 1765 Venise
> air Il pastor se torna aprile A. Bonitatibus, Accademia degli Astrusi dir. F. Ferri – La Signora regale, CD Deutsche harmonia mundi 2014
Artaserse Mandane A. Boroni 1767 Prague
> air Disperata in van Sous le texte sacré Diem festum : V. Genaux, Collegium 1704 dir. V. Luks. – Retransmission de concert, Prague, 2012