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Rosa UNGARELLI

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dite Rosa di Bologna

Aussi [Ongarelli]

Rosa Ungarelli est native de Bologne, et se spécialise dans les intermèdes comiques joués entre les actes d'opéra séria. Sa carrière débute vers 1708-09, alors qu'on la retrouve dans Artaserse de Sandoni à Vérone, dans le rôle (sérieux ?) d'Amigara, et en Erinice du Venceslao de Pollarolo avec les contraltos Mucci et Vico. Elle participe à Le Risa di Democrito de Pistocchi l'année suivante.
En 1711, la cantatrice retrouve le célèbre Cavana pour une pièce du répertoire de ce dernier, qu'elle interprète souvent par la suite : Vespetta e Pimpinone d'Albinoni, joué à Ferrare. Elle redonne l'œuvre à Parme en 1714 avec un certain Cantelli (ainsi que Lisetta e Astrobolo de Gasparini), puis à Turin deux ans plus tard, avec celui qui devient dès cette époque son partenaire attitré pendant seize années, la basse Antonio Ristorini.
Rosa Ungarelli et Antonio Ristorini s'impose alors comme le principal couple comique italien, à l'échelle européenne, donnant partout les plus célèbres intermèdes. On les entend à Bologne, Turin (1718), Venise ou encore Munich (1722 – Ungarelli chante aussi une pastorale, Dafne), Parme, Pistoia... En 1728, Rosa et Antonio sont à Bruxelles, et arrivent à Paris l'année suivante. Il y donnent notamment Serpilla e Bacocco d'Orlandini, bijou de leur répertoire.
Ils jouent régulièrement des intermezzi adaptés de pièces de Molière comme L'Ammalato immaginario ou L'Avaro. En 1730, le couple égaie les intermèdes de Semiramide riconosciuta de Porpora, à Milan, et paraît à Venise. Dans cette ville, leur cachet individuel dépasse celui de la seconda donna Girò ou du jeune Amorevoli, mais demeure inférieur à celui de la Bordoni ou du castrat Pasi.
Leurs enfants, nièces et neveux font tous carrière dans le chant, et une certaine Caterina Ristorini épousera par exemple le compositeur Gazzaniga.

En 1725, à l'issue de son passage à Pistoia, on peut lire dans un journal privé :
cette femme est laide ; Dieu sait ce qui serait arrivé si avait été belle, car elle a des manières inimitables et une façon d'exprimer les émotions des plus expressives.
D'autres témoignages louent particulièrement son jeu et la pénétration de ses accents propres à « émouvoir les pierres » et « faire fondre le bronze. »

Serpilla e Bacocco Serpilla G. M. Orlandini 1718 Venise
  Enregistrement au choix
Il Vecchio Avaro Fiammetta F. Gasparini 1720 Venise
  G. Banditelli, Il Viaggio musicale dir. A. Bares – CD Bongiovanni 1995