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Chiara ORLANDI

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dite la Mantovanina

Aussi [Orlando]

Orlandi est certainement originaire de Mantoue, si l'on en croit son surnom.

Sa première prestation connue date de 1717, alors que Vivaldi l'engage pour son Tieteberga. La collaboration entre les deux artistes s'avère fructueuse puisqu'Orlandi se produit dans les autres opéras de la saison, à savoir Artabano re dei Parti, Armida al campo d'Egitto de Vivaldi, et La virtù tra' nemici de Boniventi. Cette saison vénitienne lui assure une belle réputation, puisqu'elle assure de nombreuses créations au San Moisè, comme Laodice d'Albinoni, Argippo de Porta, ainsi qu'au San Angelo, avec La verità in cimento de Vivaldi ou Il Pastor fido de Pietragrua. Ces prestations s'étalent jusqu'en 1725, années durant lesquelles Chiara Orlandi se produit également à Ferrare, Vicence, Padoue, et Pesaro, dans des œuvres de Vivaldi (Gl'inganni per vendetta) ou Lotti (Il commando inteso e non ubbidito), entre autres. Elle porte le titre de virtuosa del Duca di Massa e Carrara, certes modeste.

Sur l'entremise de Vivaldi, Orlandi est invitée à rejoindre la troupe du ténor Denzio en 1725, pour se produire au théâtre de Prague. Elle s'arrête néanmoins en chemin pour chanter deux saisons à Wrocław. Orlandi est accompagné de son époux, maître de ballet.
En 1729, elle est déjà de retour en Italie, à Venise, la ville de ses succès. Jusqu'en 1733 elle interprète les opéras de Lapis, Gasparini, Cordans, Albinoni au San Moisè ou au San Cassiano ; le public de Padoue la revoit également en 1732 et 1733, par exemple dans Gli Eccessi della tirannide gelosa d'un certain Alberti, chanteur et compositeur qui semble suivre de près les pérégrination de la cantatrice. Orlandi se produit même jusqu'à Ljubiana dans Euristeo de Hasse, toujours en 1733.
La contralto rejoint alors la troupe des Mingotti qui sillonne la Bohême. Elle chante plusieurs opéras à Brno jusqu'en 1735, dont un Orlando furioso d'après Sarro et Vivaldi, puis à Graz jusqu'en 1737. Un ultime Tullio Ostilio d'une plume anonyme semble sonner le glas de sa carrière.

Chiara Orlandi n'avait rien d'une chanteuse aux moyens vocaux exceptionnels, néanmoins son tempérament dramatique et sa présence semblent avoir été indéniables. C'est typiquement le genre de personnalité qui séduisait le musicien Vivaldi (que l'on songe à Anna Girò), nom fidèlement liée à la carrière d'Orlandi jusque dans ses voyages. Les rôles écrits pour elle requièrent une modeste mezzo soprano.

Armida al campo d'Egitto R. Milanesi A. Vivaldi 1718 Mantoue
  R. Basso, Concerto italiano dir. R. Alessandrini – CD Naïve
La verità in cimento Rustena A. Vivaldi 1720 Venise
  G. Laurens, ensemble Matheus dir. J.-C. Spinosi – CD Naïve