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Gasparo SAVOJ

1735 – 1796

Aussi [Savoi] [Savoy] [Gaspero] [Gaspare] [Savoia]

Gasparo voit probablement le jour à Vérone.
En 1760, Casanova est à Rome pour assister à l’immense engouement que déclenche le jeune et beau Gasparo Savoj au théâtre Alibert :
Ce castrat avait une jolie voix, mais son principal mérite était sa beauté […] Serré dans un corset bien fait, il avait une taille de nymphe et chose incroyable, sa gorge ne le cédait en beauté et en forme à aucune gorge de femme ; c’était surtout par là que ce monstre faisait ravage […] le tournoiement tendre et modeste de ses yeux noirs portait le ravissement aux cœurs.
À Rome, on retiendra la prestation du beau soprano dans La Buona Figliuola de Piccinni, avec le rôle virtuose de la marquise Lucinda dont l’air Furia di donna irata est resté célèbre. En 1761, il est au Capranica dans Il signor dottore sur un livret de Goldoni, de compositeur inconnu. Il est aussi Lisaura dans La Fiera di Sinagaglia de Fischietti, toujours de Goldoni, avec Carattoli. Au teatro Argentina, il joue les prime donne, comme Tamiri dans Farnace, Semiramide, Berenice dans le Lucio Vero de Bertoni, Zenobia de Traetta, Servilia dans Tito Manlio de Guglielmi, etc. Il est entouré d’excellents chanteurs, comme Ottani, Elisi, Caffarelli, Tibaldi…

En 1765, Savoj est à Venise, et chante dans Nitteti de Sarti, dans un rôle masculin. Cette même année, il se rend à Londres où il chante abondamment à Haymarket ou en concert jusqu’en 1777, se confirmant plus comme un chanteur solide et plaisant que comme une grande vedette. En 1770, il participe au Disertore de Guglielmi au King’s Theatre. Comme durant l’ensemble de sa carrière, Savoj se consacre aussi bien au genre bouffe qu’au tragique, dans des rôles masculins et féminins. Il interprète J. C. Bach, notamment Gioas, re di Giuda, remplaçant Cecilia Grassi indisposée, l’opéra Carattaco de 1767 ou la cantate Cefalo e Procri. Il chante aussi à Dublin en 1769 et 1770, où le jeune Michael Kelly entend sa voix aiguë.
Savoj se fait ensuite entendre à Paris au Concert spirituel, en 1777 et 1778. Le reste de sa carrière se déroule en Italie.

Le nouveau Teatro Riccardi de Bergame est  inauguré en 1786 avec son Énée dans la Didone abbandonata d’Anfossi. De 1787 à 1791, Savoj chante régulièrement comme secondo uomo au teatro Regio de Turin, par exemple dans Ifigenia in Aulide de Cherubini et La Disfatta dei Mori de Gazzaniga. Ses célèbres partenaires sont Marchesi, Andrea Martini, Marchetti-Fantozzi, Domenico Mombelli… En 1792, Savoj chante dans Pirro de Zingarelli à la Scala de Milan, avec Marchesi.
À défaut d’un talent exceptionnel, ce castrat a connu une belle et longue carrière auprès des plus grands chanteurs.

La Buona Figliuola Marchesa Lucinda N. Piccinni 1760 Rome

> air Furia di donna irata
Enregistrement intégral au choix
J. Sutherland, Orchestra of the Royal Opera House Covent Garden dir. F. Molinari-Pradelli – The Art of the Prima Donna, CD Decca Legends
Endimione Amore J. C. Bach 1772 Londres
  J. Waschinski, Cappella Coloniensis dir. B. Weil – CD Deutsche Harmonia Mundi
Cefalo e Procri Cefalo J. C. Bach 1776 Londres
> air Privo del mio tesoro D. Riedel, Arcadia Lane Orchestra dir. R. Bonynge – Cherry Ripe, CD Melba 2008
Gioas re di Giuda Sebia J. C. Bach 1777 Londres
  U. Staude, Das kleine Konzert dir. H. Max – CD CPO 2003