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Pietro MORIGI

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dit Il Marchigiano

Aussi [Morichi] [Moriggi] [Murigi] [Morighi]

Pietro Morigi est originaire de Jesi, où il fait ses débuts en 1727. Deux ans plus tard, c'est à Rome que le soprano se distingue, créant le rôle de la princesse Tamiri dans Semiramide riconosciuta de Vinci, première mise en musique d'un livret à succès de Metastasio, avec les castrats Scalzi, Fontana et Ossi. Morigi est officiellement virtuose du prince de Mantoue, où il est certainement amené à chanter régulièrement ; mais sa carrière prend de l'essor.
En 1731 puis 1732, le castrat est à Venise, dans Venere placata de Corselli avec Carestini, puis pour Ardelinda d'Albinoni, avec Chiara Orlandi et le ténor Babbi. Il intègre la troupe de Vivaldi, fin connaisseur de voix, en même temps qu'un Manzuoli alors adolescent. La voix du castrat est suffisamment aguerrie pour affronter le répertoire de Farinelli, puisqu'il chante plusieurs airs écrits pour le célèbre soprano par Hasse et Giacomelli dans le pasticcio Bajazet. L'œuvre est donnée à Vérone en 1735, avec l'Adelaide de Vivaldi. Il avait également repris le rôle titre d'Artaserse de Hasse dans cette même ville, en 1733, toujours de Hasse, avec le castrat Braganti et Antonia Negri.
Sa carrière passe alors par la Russie, où le premier opéra séria est donné en 1736, sur des musiques d'Araja. Morigi fait partie de la troupe dès ses débuts en 1735 – avec Filippo Giorgi et son épouse, notamment. On sait qu'il reprend par exemple Sesto dans La Clemenza di Tito de Hasse à Moscou. Il chante ensuite à Brescia avec le titre de virtuose de l'Impératrice de toutes les Russie.

En 1742, il est encore primo uomo à Vérone, et interprète Demetrio de Francesco Maggiore. En 1749, c'est à Vicence que se produit Morigi, avec le castrat Gallieni. On l'entend à Turin en 1750 pour Didone abbandonata de Terradellas, avec Barbara Stabili. En 1751-52, Venise l'accueille dans Griselda de Latilla et en Farnaspe dans Adriano in Siria de G. Scarlatti, avec d'autres œuvres de Pampani. C'est dans la même ville qu'il brille encore la saison suivante, en Timante dans Demofoonte de Jommelli.

Ce castrat n'est certes pas l'égal d'un Farinelli, d'un Carestini ou même d'un Manzuoli, mais sa carrière se situe tout de même au premier plan, en Italie et jusqu'en Russie.

Bajazet Andronico A. Vivaldi et al. 1735 Vérone
  E. Garanča, Europa galante dir. F. Biondi – CD Virgin Classics