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Angelo Maria MONTICELLI

ca 1712 – 1758

Aussi [Monticello]

Le castrat Monticelli voit le jour à Milan. Il débute à Venise en 1728, notamment dans Doriclea ripudiata da Creso de Porta, mais c'est dans sa ville natale qu'il chante ensuite le plus régulièrement ; il y paraît avec la Tesi dans L'ambizione superata dalla virtù de Sammartini en 1734.
À Rome, le jeune soprano endosse le costume de prima donna face au castrat Caffarelli, comme c'est le cas dans Mitridate de Porpora. Pendant dix ans environ, Monticelli joue ainsi premiers et seconds rôles dans toute l'Italie, et passe par Munich, où il est Artaserse pour Ferrandini en 1739. On le retrouve dans Il Ciro riconosciuto de Leo à Naples en 1742 ; Annibale de Porpora à Venise en 1731 avec la Turcotti et Amorevoli ; Tolomeo dans le Giulio Cesare de Giacomelli à Milan, en 1735, avec le contralto Appiani et la Tesi, etc.

Angelo Maria MonticelliSa carrière prend de l'essor avec un engagement à Vienne, où il chante dès 1739 dans des pages de Predieri dont Zenobia. Il est considéré comme membre de la Hofkapelle jusqu'en 1760 ! Suit un contrat pour Londres, en 1742 : il y fait l'objet d'une « admiration infinie », selon Walpole. C'est là qu'il popularise un de ses rôles fétiches, Megacle de L'Olimpiade, particulièrement dans la mise en musique de Pergolesi – qui n'a cependant pas été écrite pour lui : Monticelli contribue ainsi à faire connaître ce compositeur. Burney écrit au sujet de sa voix : « claire, douce et sans défaut d'aucune sorte [...] à son excellence, il faut ajouter le mérite d'être bon acteur. » Les succès se poursuivent jusqu'en 1746, après quoi le castrat quitte Londres et retourne en Italie. En 1747, il chante Antigono de Hasse à Milan, un compositeur qu'il servira abondamment par la suite.

En 1748, Monticelli est de nouveau à Vienne pour l'inauguration du Burgtheater, à l'occasion de l'anniversaire de l'impératrice Marie-Thérèse : il y incarne Mirteo face à La Semiramide riconosciuta de Tesi, avec la musique de Gluck.

Après deux années à Naples, Monticelli est engagé à Dresde où l'on cherche un nouveau primo uomo, après l'ère Annibali et les courts séjours de Carestini et Salimbeni. Ce sera donc notre castrat, de 1753 à 1756. Il y interprète les opéras de Hasse avec la nouvelle prima donna, Teresa Albuzzi : après avoir repris Arminio, il crée Megacle dans L'Olimpiade, bien entendu, mais aussi Artemisia ou encore Il Re pastore. En 1753, lors de son passage à Berlin en compagnie de Hasse, il ne laisse guère une impression positive au roi de Prusse, qui écrit à sa sœur :
Monticelli m'a paru mauvais chanteur; on le dit bon acteur, mais l'action ne peut pas suffire à tout, et pour un chanteur, il faut de la voix et des grâces.
Sans doute chassé par la guerre de Sept Ans, Monticelli est à Gênes en 1756, mais selon Fürstenau, c'est à Dresde qu'il finit ses jours, deux années plus tard.

Le chanteur ne doit pas être confondu avec la soprano (mezzo-soprano) Maria Marta Monticelli.

Les airs écrits pour Monticelli exploitent une voix très agile et élégante dont la tessiture est celle d'un contralto doté d'aigus, ou d'un mezzo-soprano avec des graves solides. Moins connu que Caffarelli, Carestini ou Farinelli, il ne s'impose pas moins comme l'une des figures les plus en vue de l'époque, comme l'atteste sa participation à la vie musicale de Dresde avec Hasse, l'un des centres musicaux les plus remarquables du temps.

Germanico in Germania Rosmonda N. Porpora 1732 Rome


> air Priva del caro ben
D. Idrisova, Cappella cracoviensis dir. J.T. Adamus – retransmission de concert, Cracovie 2017
In
Catone in Utica, pasticcio (Londres 1732). R. Invernizzi, Auser Musici dir. C. Ipata – retransmission de concert, Halle 2016
Viriate Siface J. A. Hasse 1739 Venise
> air Come nave in mezzo all'onde S. Kermes, Musiche Nuove dir. C. Osele – CD Deutsche Harmonia Mundi 2009
Penelope Telemaco B. Galuppi 1741 Londres
> air Per questa bianca mano M. E. Cencic, Armonia atenea dir. G. Petrou – The 5 Countertenors, CD Decca 2015
Scipione in Cartagine Scipione B. Galuppi 1742 Londres
> air Di madre ai cari amplessi C. King, Il Canto di Orfeo dir. G. Capuano – CD AVIE
L'Olimpiade Megacle G. B. Lampugnani 1742 Londres
> air Superbo di me stesso M. Horne, New symphony orchestra of London dir; R. Bonynge – The Age of Bel Canto, CD Decca
L'Olimpiade Megacle B. Galuppi 1747 Milan
  R. Basso, Venice Baroque Orchestra dir. A. Marcon – DVD Dynamic
Semiramide riconosciuta Scitalce C.W. Gluck 1748 Vienne
> airs Non saprei quel doppia voce V. Sabadus, Hofkapelle München dir. A. De Marchi – Le Belle immagini, CD Sony classical 2014
Arminio [3] Arminio J. A. Hasse 1753 Dresde
> air Ti lascio in ceppi * Se mia speranza * Vaghi rai V. Genaux, Les violons du roy dir. B. Labadie – CD Virgin classics
Solimano Selim J. A. Hasse 1753 Dresde
  I. Vermillion, Concerto Köln dir. R. Jacobs – retransmission de représentations, Innsbruck, 1997
L'Eroe cinese Siveno J. A. Hasse 1753 Dresde
  D. James, dir. T. Koopman – retransmission de représentations, Amsterdam 1985
Artemisia Dardano J. A. Hasse 1754 Dresde
  A. Raunig, Capella Sagittariana Dresden dir. F. Bernius – retransmission de concert à Dresde, 1994
Ezio [2] Ezio J. A. Hasse 1755 Dresde
  Récitatifs coupés : Lukas consort dir. V. Lukas – CD Concerto Bayreuth
L'Olimpiade Megacle J. A. Hasse 1756 Dresde


> air Superbo di me stesso
Version abrégée : D. Cordier, Capella Fidicinia dir. F. Bernius – retransmission de concert
R. Basso, Venice Baroque Orchestra dir. M. Chryssicos – pasticcio L'Olimpiade, CD Naïve, 2012