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Giuseppe Maria DONATI

? – 1684

dit il Tentorino

Aussi [Giuseppe della Regina] [Giuseppe della Regina di Svezia] [Giuseppe di Baviera] [Josef Maria]

Le castrat Giuseppe Maria Donati fait partie des meilleurs chanteurs de son temps, alors que l'opéra s'impose de plus en plus comme une industrie à la recherche de vedettes.
Frère de la basse Giulio Cesare Donati, Giuseppe naît à Bologne où il reçoit la formation de Bartolomeo Guerra. Le compositeur Cazzati le repère et l'engage à San Petronio.

Une des premières traces du castrat date de 1652 : il fait partie d'un aréopage de chanteurs conviés à la cour de Dresde. Le contralto reçoit le meilleur traitement, mais quitte la ville deux ans plus tard.
Sa carrière étrangère le mène également à Innsbruck, où chante son frère, pour se produire dans les opéras de Cesti. Donati incarne sans doute l'Amour du prologue ainsi que Filaura dans L'Argia, en 1655, avec Anna Renzi, Cesti lui-même et le castrat Pancotti. Il rejoint brièvement Vienne, et chante ensuite à Munich quelques années au début des années 1660, puisqu'il est régulièrement surnommé Giuseppe di Baviera : on l'y repère en 1661 dans L'Erinto de Kerl, dans un rôle féminin.

Il réapparaît à Venise, dans Il Tito de Cesti avec Antonio Cavagna en 1666. La saison suivante, les mêmes castrats doivent probablement créer l'opéra Eliogabalo de Cavalli (rôle titre ou Alessandro), mais la representation est annulée et remplacée par un opéra sur le même thème par G. A. Boretti. En 1680, Donati joue Romolo dans Il Ratto delle Sabine au San Giovanni Grisostomo, sur une musique d'Agostini, avec le très fameux soprano Siface. À Bologne, sa ville natale, Donati chante le rôle titre de La Psiche deificata de Cazzati, en 1668. À partir de 1673, le contralto est au service de Christine de Suède, exilée à Rome. En tant que musico primario della regina, on l'appelle parfois Giuseppe della Regina ; il est alors qualifié de meilleur chanteur de la ville, et chante au Tordinona. L'influence de la souveraine lui permet d'intégrer le collège pontifical l'année suivante, et Giuseppe se produit aussi à Saint-Louis-des-Français. En 1675, le contralto incarne le protagoniste de l'oratorio San Giovanni Battista de Stradella, avec les castrats Siface et Ceccarelli en Salomé et Hérodiade. Deux ans plus tard, il quitte le service de la chapelle Sixtine.

Le caractère du castrat est bien trempé : il refuse de changer avec certains musiciens, pour incompatibilité d'humeur (lettre de 1667 à Faustini, contre Gabrieli) ou parce qu'il juge leur niveau indigne du sien. Il n'hésite pas à modifier sa partie, qu'il juge trop aiguë (le rôle titre de Meraspe, à Venise).
Le castrat est toutefois régulièrement qualifié de soprano, ce qui était peut-être le cas au début de sa longue carrière, mais pas à la fin.

En 1684, le castrat meurt d'apoplexie, alors qu'il avait déjà connu une attaque à Venise, en 1681, qui avait perturbé les représentations de Bassiano de Pallavicino.

L'Argia Filaura, Amor A. Cesti 1655 Innsbruck
  D. Takova, Concerto vocale dir. R. Jacobs – retransmission de représentations, Paris, 1999
Eliogabalo ? F. Cavalli (1667) Venise
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San Giovanni Battista Giovanni Battista A. Stradella 1675 Rome
  Enregistrement au choix