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Antonio Maria BERNACCHI

1685 – 1756

BernacchiOriginaire de Bologne, Bernacchi devient l'un des plus célèbres porte-drapeau de l'école de cette ville : il y étudie avec Pistocchi dont il est l'élève le plus fameux. Pistocchi avait, par la force du travail, sauvé sa voix de la débâcle, et permet à Bernacchi de sublimer des moyens vocaux qui n'ont rien d'exceptionnel.

Bernacchi chante à San Petronio dans sa ville natale, puis à Mannheim et Vienne, encore tout jeune. Sur scène, le contralto débute à Gênes dans Le Sabine rapite. Il est à Vérone pour Venceslavo de Pollarolo en 1708. Il arbore déjà le titre de virtuose de l'empereur de Vienne lorsqu'il foule les planches vénitiennes en 1709-10 : on l'avait en effet entendu en Autriche dans Ercole de Badia et un opéra de G. Bononcini. Bernacchi sillonne l'Italie, et chante Merope de F. Gasparini à Florence en 1713. En 1715, on le retrouve à Florence et Livourne dans la célèbre Camilla de G. Bononcini, avec Anna Dotti et Innocenzo Baldini. Pour la saison 1717, il effectue un premier passage à Londres à l'occasion d'une énième reprise de Rinaldo, en Goffredo. Revenu en Italie, il crée Il Bajazet de F. Gasparini à Reggio Emilia avec ses partenaires régulières, la Bulgarelli et Faustina Bordoni, la nuova sirena. C'est la jeune Cuzzoni qui partage la scène avec lui en 1718 dans Ariodante de Pollarolo. En 1720-21, Bernacchi est primo uomo à Rome et crée Crispo de G. Bononcini avec Farfallino, le très jeune Carestini, ou encore Bartolomeo Bartoli, puis retrouve Carestini à Milan avec la Merighi. Bernacchi chante encore à Venise en 1723 dans Gl'equivochi d'amore ed innocenza de Gasparini. Entre 1720 et 1727, Bernacchi est aussi au service de la cour de Munich, avec le castrat Bartoli ou encore la Bordoni et Durastanti, et participe à nombre de productions d'opéras et divertissements.

On l'entend aussi régulièrement à Parme, Modène, Naples, Bologne... Antonio BernacchiDans cette dernière cité, le contralto est confronté à un jeune chanteur au talent déjà immense, nommé Farinelli, dans La Fedeltà coronata d'Orlandini : le soprano prodige subjugue le public par ses voltiges vocales, mais Bernacchi, qui chante immédiatement après, reprend les mêmes ornements à la perfection en les enrichissant de nouveaux des mieux choisis, puis rend la mélodie avec simplicité et sobriété, ce qui lui permet de l'emporter sur son rival. Farinelli ne lui en tient pas rancune et bénéficie des conseils de son aîné, qu'il rencontre à Parme deux ans plus tard dans Lucio Papirio dittarore de Giacomelli et Medo de Vinci. En 1728, Bernacchi est invité à Naples mais souhaite aussi imposer sa maîtresse, la célèbre contralto Antonia Merighi, et éloigner une autre étoile montante, le castrat Carestini. Les conditions sont amplement discutées au sein de la noblesse au point que Bernacchi quitte la ville accompagné de la cantatrice. Le couple est engagé à Londres par Haendel qui cherche un remplaçant à Senesino, contralto adoré du public anglais.
Le souvenir de son succès dans Goffredo et l'écho de ses grands succès sur le continent lui valent sans doute cet engagement ; Bernacchi crée ainsi Lotario en 1729, puis reprend Giulio Cesare avant la première de Partenope, toujours avec la Strada , la Merighi et le ténor Fabri. Le public ne lui accorde pas sa faveur, trop attaché à Senesino sans doute autrement sensible.

Bernacchi chante sur la glorieuse scène du théâtre Grimani à Venise en 1731-32, côtoyant Appianino, Barbieri et la Bordoni dans Epaminonda de Giacomelli et Scipione il giovane de Predieri. Le contralto prend sa retraite vers 1736 et fonde une école de chant dans sa ville natale, qui devient vite la plus célèbre du siècle avec celle de Porpora à Naples.
L'école de Bernacchi et celle de Bologne, c'est le triomphe de l'art, au sens le plus technique du terme. On a pu reprocher au castrat un chant trop instrumental, dès sa formation puisqu'on prête à Pistocchi cette remarque célèbre difficile à traduire : « Io t'ho insegnato a cantare e tu vuoi suonare! » Une caricature célèbre le présente obèse en train de vocaliser une éternelle cadence enrubannant San Marco. Cet art marque cependant une apogée du belcanto, combinant une technique superlative au service d'une vigoureuse expressivité. Ses rôles paraissent variés, les moments d'agilité tumultueuse cédant le plus souvent à des airs de demi caractère et cantabile élégant et riches d'ornements délicats, marque de son école.
Sara Goudar, pourtant volontiers perfide envers les castrats, écrivit à son sujet :
Bernacchi se fit un pathétique sublime qui finit avec lui. On peut dire qu'il emporta toute la musique dans le tombeau.

Pirro e Demetrio Demetrio Scarlatti et al. 1717 Londres
> airs d'insertion Sento prima le procelle * No, non cosi severe * Vieni, o cara e lieta in petto Airs de G.F. Haendel. A. Hallenberg, Il Complesso barocco dir. A. Curtis – Hidden Handel, CD Naïve 2013
Ariodante [2] Polinesso C.F. Pollarolo 1718 Venise
> air Già mi par T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017
Arsace Mitrane D. Sarro 1718 Venise
> air Quell'usignolo T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017
Il Bajazet Tamerlano F. Gasparini 1719 Reggio Emilia
  F. Mineccia, Auser musici dir. C. Ipata – CD Glossa 2015
Lucio Vero Lucio Vero P. Torri 1720 Munich
  T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017
Griselda Gualtiero A. Scarlatti 1721 Rome
  Version légèrement abrégée : L. Zazzo, Akademie für alte Musik Berlin dir. R. Jacobs – CD Harmonia mundi
Griselda Gualtiero P. Torri 1723 Munich
> air Vorresti col tuo pianto X. Sabata, Armonia atenea, dir. G. Petrou – Catharsis, CD Aparté 2017
Ipermestra Linceo G. Giacomelli 1724 Venise
> air Parte il piè In Elpidia (pasticcio, 1725). J. Bolger, Opera settecento dir. L. Duarte – captation de concert, 2016
Amadis di Grecia Amadis P. Torri 1724 Munich


> air La cara tua favella

> duo Ferma crudel... Son costretta esser crudel
J. Diessner, Neue Hofkapelle München dir. C. Hammer – captation de représentations, Munich, 1998
T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017
V. Genaux, Capella Gabetta dir. A. Gabetta – retransmission de concert, Paris 2015
Venceslao Casimiro P. Torri 1725 Venise
> air Parto, non ho costanza T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017
Egloga pastorale Mirtillo P. Torri 1726 Munich
> air Questo è il giorno in cui s'onora M. Oro, Neue Hofkapelle Munchen dir. C. Hammer – CD ARS Produktion 2003. Attribution incertaine
Il Medo Medo L. Vinci 1728 Parme
> airs Nella foresta * Vengo a voi * Taci, o di morte
> air Taci, o di morte

> airs Pria che... Taci, o di morte * Sento scherzar
F. Mineccia, Stile galante dir. S. Aresi – Leonardo Vinci, Alto arias, CD Pan classics 2014
D. Hansen, Academia montis regalis dir. A. De Marchi – Rivals, CD Deutsche Harmonia Mundi 2013
T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017
Lotario Lotario G.F. Haendel 1729 Londres
  Version abrégée : S. Mingardo, Il Complesso barocco dir. A. Curtis – CD Deutsche Harmonia Mundi
Partenope Arsace G.F. Haendel 1730 Londres
  Enregistrement au choix
Demetrio [1] Alceste J.A. Hasse 1732 Venise
> air Dal mio ben che tanto amai

> air Scherza il nocchier
T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017
M. E. Cencic, Camerata of St. John dir. B. Joyce– retransmission de concert, Brisbane 2015
Récital hommage   divers    
  T. Wey, Bach Consort Wien, dir. R. Dubrovsky – Pace e Guerra – Arias for Bernacchi, CD DHM 2017