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Liste des basses

Francesco BALLARINI

1655 – ?

dit Ballarino

Aussi [Franz] [Ballerini] [Balerini]

Francesco est le cadet des trois enfants de la célèbre cantatrice florentine Leonora Falbetti-Ballarini.
Il est plutôt étonnant qu'il subisse la castration, et c'est d'ailleurs un des premiers exemples connus d'un fils de musiciens à succès ainsi opéré.
Francesco paraît à douze ans, en 1667, dans Il Ritorno di Ulisse de Jacopo Melani chanté à Pise : il y incarne une sirène. En 1671-72, il se forme à Rome, parmi l'effectif de la célèbre églaise Saint-Jacques-des-Espagnols. En 1674, Francesco chante avec sa mère, pourtant rare sur scène, dans Tacere e Amare de Melani, à Florence. Soutenu par les réseaux de ses parents et la promotion insistante (et excessive !) de son père, Francesco est véritablement lancé dans la carrière.
On l'entend ainsi à Vicence et à Venise en 1680 : il paraît au S. Gio. Grisostomo avec Grossi et Donati dans Il Ratto delle Sabine d'Agostini. Ses manières hautaines et son orgueil, hérités de son père, lui valent déjà des moqueries. Néanmoins, son succès vénitien lui vaut aussi un engagement à la cour de Mantoue, où les conditions sont toutefois l'engagement conjoint de ses parents Leonora, en qualité de professeure de chant, et Carlo.
À Mantoue, Ballarini est employé avec le célèbre Siface, mais aussi le vétéran Rivani, en fin de carrière. Ballarini est le rôle titre d'Ottaviano Cesare Augusto de Legrenzi, fastueuse production mantovane où brillent aussi Rivani, le ténor Buzzoleni, la diva Salicola, le castrat De Castris et la basse Scandalibene. On l'entend très régulièrement sur d'autres scènes : à Venise en 1683 dans Il Re infante de Pallavicino, avec la Salicola et Tommaso Boni, Modène (Il Mose de Perti avec et Vespasiano de Pallavicino en 1685 avec Chiaravalle, Cottini et Segni), Reggio Emilia (La Calma fra le tempeste en 1683, des opéras de Pollarolo et Ziani en 1685 puis 1686). Au moins cinq apparitions sont attestées à Milan de 1685 à 1688, de Massimo Puppieno de Pallavicino à L'Anarchia dell'impero de Legrenzi, avec les castrat Speroni et Pistocchi, et les chanteurs comiques Predieri et Benigni.
Tous ces artistes sont habitués des scènes du nord de la Péninsule ; Ballarini en retrouve une partie à Plaisance et à Gêrnes dans des opéras de Sabadini, Leonati et Pallavicino, où s'illustre encore la Torri. Après un retour à Venise, au San Salvatore pour un œuvre de Perti, Ballarini se produit à Parme dans La Gloria d'amore et Il Favore degli Dei de Sabadini, à l'occasion des noces du prince Odoardo. Une distribution magnifique est alors réunie, comprenant Anna Maria Torri, la contralto Riccioni, les castrats Siface, Urbani, Cortona et De Grandis, les basses Borrini, Mozzi et Clerici... Il continue de se faire applaudir entre Modène, Parme, Reggio et Fabriano (avec Vincenzo Dati). Le castrat est à Rome pour le carnaval 1693, chantant Pollarolo et Pallavicino. Il est à Venise en 1694 dans Ottone de Polloralo et 1696 dans deux autres pages du même auteur avec la jeune Maria Landini. Dans les années 1690, Ballarini élargit ses compétences : il s'essaie à la poésie, exerce parfois comme imprésario. Le cardinal Spada narre à Francesco Maria de' Medici que Ballarino a « tant enflammé le cœur d'une grande dame que lorsque leurs chemins se croisent, ils piaffent comme des chevaux, ce qui pourrait laisser penser à mal s'il l'on ne savait que nos femmes sont par ailleurs de vrais paragons de modestie ». Sa carrière prend un essor international.

En 1700, alors qu'il est présent à la cour de Brandebourg, on l'entend régulièrement à Berlin où il participe à La Festa del Himeneo d'Ariosti : Leibnitz écrit alors à l'électrice Sophie « M. Ballarino a répondu à la grande estime qu'on fait de luy ». À la fin de cette même année, Ballarini retrouve toutefois Venise, et chante Pollarolo avec la Scarabelli et De Grandis.
C'est cependant à Vienne que se concentre l'essentiel de la vie de sa carrière. En 1695, année de son engagement au service de l'impératrice d'Autriche, il interprète La Chioma di Berenice de Draghi. On l'entend encore au début du siècle suivant avec les sopranos Lisi-Badia et Sutter, notamment dans La Flora de Ziani (avec la basse Borrini et le ténor Garghetti), ou en 1708 Mario fuggitivo de G. Bononcini. Le fameux castrat Tosi, alors installé à Vienne, loue son talent dramatique, notamment dans les récitatifs. À la chapelle, Ballarini peut notamment interpréter Biber. Il passe également à Dresde brièvement, créant Gli Amori di Circe con Ulisse en 1709 avec sa collègue de Vienne Anna Lisi Badia, dont l'époux avait écrit la musique.
Il semble ensuite exercer comme directeur d'opera et librettiste : il écrit un Il Trionfo dell'amore e dell'amicizia pour le compositeur Conti en 1711. Au tout début du siècle, Ballarini reçoit également le privilège de présenter des opéras à Vienne, ensuite concurrencé en 1728 par la compagnie de Borosini et Sellier. Le castrat s'est alors imposé comme directeur du Hofoper.

Il Ratto delle Sabine Tacio P.S. Agostini 1680 Venise
> air Voglio guerra F. Mineccia, Nereydas dir. J.U. Illán – Siface, l'amor castrato, CD Glossa 2018
Il Mosè conduttor del popolo ebreo Testo G.A. Perti 1685 Modène
  E. Biscuola, Ensemble Les Nations dir. M. L. Baldassari – CD Tactus 2013
San Nicola di Bari ? G. Bononcini 1693 Rome
  Les Mufatti dir. P. van Heyghen – CD Ramée
Mario Fuggitivo Caio Mario G. Bononcini 1710 Vienne
> air Spero, si F. Giusti – captation de concert, YouTube