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Cristoforo ARNABOLDI

ca 1755 – ?

dit Comaschino

Aussi [Cristofaro] [Arnobaldi] [Comaschini]

Castrat soprano né à Côme.
D'abord actif à Milan, il se pourrait qu'il soit l'un des deux castrats pour lesquels le jeune Mozart compose des motets latins (perdus) en 1770, comme l'évoque Léopold dans une lettre. Mais c'est à Turin qu'il parît dès 1769, dans Il Trionfo della constanza de De Franchi, avec Camilla Pasi et Geltrude Flavis. On le repère clairement à Pavie comme primo uomo d'un Demofoonte en 1771, avec Felicità Suardi.
Entre 1772 et 1774, le castrat est à Rome comme prima donna : il participe notamment à divers opéras d'Anfossi dont Alessandro nell'Indie avec le bariténor Afferri et les castrats Elisi et Mazzanti. Arnaboldi retrouve le même compositeur dont il incarne Licida de L'Olimpiade avec le Megacle de Millico à Venise, en 1774-75. Durant ce séjour sur la lagune, Arnaboldi donne aussi un opéra de Paisiello. Le castrat se fait entendre à Vérone la saison suivante en protagoniste d'Arsace de Mortellari, avec le ténor Ciprandi et le castrat Ceccarelli.
En 1777, Arnaboldi se produit à Vienne lors d'un concert au cours duquel paraît également la Cavalieri. On l'entend probablement à Trieste en 1778 ; il effectue ensuite vraisemblablement une tournée en Europe centrale (Haydn le croise à Pressburg) et passe un première fois par St-Pétersbourg, avant de s'y fixer comme chanteur de chambre, au moins entre 1780 et 1789. Il crée notamment La Passione di Gesù Cristo de Paisiello avec Anna Davya, et chante avec la célèbre Todi, Marchesi et Solzi lors de leurs séjours russes. Arnaboldi donne également Orfeo de Gluck (1782), et participe à la festa teatrale Le Temple de l'allégresse universelle de divers auteurs locaux, qui comprend des morceaux de sa propre composition. Il chante à Vienne en privé chez le prince Galitzin, où l'entend Zinzendorf, en 1787. Sa voix semble connaître un déclin relativement précoce, mais il sert également d'impresario puisqu'il accompagne deux cantatrices italiennes en Russie en 1787 pour le comte Andreievitch. C'est en 1789 qu'il met fin à sa carrière de chanteur.

Arnaboldi se retire dans le Piémont, alors en république française, et achète le domaine du château de Carimate en 1796 pour permettre ensuite à son neveu d'effectuer un mariage dans l'aristocratie restaurée.

La Passione di Gesù Cristo Pietro G. Paisiello 1783 St-Pétersbourg
  R. Invernizzi, I Barocchisti dir. D. Fasolis – CD CPO