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Luigi ALBARELLI

? – 1707

dit Luigino

Aussi [Luiggi] [Alberelli] [Abbarelli]

Doté d'une tessiture de contralto, Albarelli fait partie des castrats réputés autour de 1700. Son principal engagement, particulièrement durable, est à la cour de Modène.

En 1694, le voici cependant à Rome où il crée notamment le rôle féminin d'Amastre dans le Xerse de G. Bononcini, au Tordinona. Ses partenaires sont les castrats Ferrini, Paris et Pistocchi. De ce dernier, Albarelli chante Il Martirio di Sant' Adriano à Modène dans la reprise de 1696 (avait-il créé le rôle quatre ans auparavant ?), avec le soprano Origoni et la basse Cottini. Albarelli figure d'ailleurs parmi les élèves de l'illustre castrat et pédagogue, fondateur d'une célèbre école de chant. On l'entend ensuite à Reggio en 1697, avec le castrat Roberti, les sopranos Salicola et Lisi, ainsi que le ténor Franceschini, dans le rôle titre d'Oreste in Sparta de Pollarolo. En 1698-99, Luigino se trouve à Naples où il interprète notamment Mancia et Scarlatti avec la brillante soprano Musi et le ténor Predieri. Le duc de Modène lui permet, avec le ténor Borosini, d'aller chanter à Milan pour 1699-1700. Retrouvant Reggio en 1700, il donne L'Odio padre d'amore avec la Tilla, Nicolino ou encore la basse Carli. Le castrat chante aussi à Florence, notamment Alessandro Scarlatti, et Pollarolo à Venise en 1704-05. En 1705, il paraît à Gênes avec la Scarabelli dans Arminio de Caldara, à Pavie avec la même et Santa Stella, ainsi qu'à Bologne dans au moins deux oratorios avec la basse Balugani et le castrat De Grandis. Albarelli paraît dans diverses pages à Vienne en 1705-1706, notamment Endimione de Bononcini et Meleagro de Ziani, où il côtoie la Badia, la Sutter et le jeune contralto Orsini. En 1707, il est engagé pour le rôle éponyme du Dioniso de Perti à Pratolino aux côtés de la Bombace et de la contralto Albertini, mais décède avant les représentations.

En 1696, alors qu'il chante par exemple L'Etna festante à Milan, un certain Muratori écrit malicieusement :
Je ne saurais éviter de parler de Luigino, puisque les Milanais aiment plus que jamais sa voix et quelque autre partie de lui. On me rapporte qu'en son honneur ont été répandus des sonnets trop amoureux, je veux dire, trop platoniques.

Plus sérieux, le grand chanteur et théoricien Tosi place Luigino dans la lignée de Rivani, Pistocchi et Siface, pour l'excellence de son chant faits d'ornements bien placés et mesurés, et son « style doux et amoureux ».