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Nicola GRATIANINI

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Aussi [Gratianino] [Nicolò Francesco] [Grazianini] [Grationisi]

On sait peu de chose sur cette basse, qui se fait une réputation flatteuse à Venise.
Gratianini est engagé à la cour de Hanovre, où officie d'excellents artistes, probablement de 1669 à 1679 jusqu'à la mort du prince Johann Friedrich.
À Venise, il se fait un nom au théâtre : l'impresario et poète Beregan demande à la cour de Hanovre qu'on lui prête Gratianini pour le théâtre SS Giovanni e Paolo en 1672, évoquant « un excellent baryton dans la lignée de Formenti ». Nicola ne chante pas dans ce théâtre, mais obtient un beau succès dans un autre théâtre, le San Luca, où il crée tous les rôles de basses de L'Orfeo de Sartorio, avec l'excellente soprano Coresi. Les rôles sont superbes et requièrent une belle agilité. Le public est particulièrement enthousiaste et comme l'écrit Dolfin, autre librettiste et impresario, à Johann Friedrich :
Vos musiciens continuent de s'attirer tous les applaudissements, et l'engouement pour Gratianini est si extraordinaire que dans le second opéra de la saison, il tient le premier rôle qui donne son titre à l'œuvre.
On choisir en effet de lui confier des rôles d'envergure dans Massenzio, ainsi qu'Antonino de Sartorio. Si Massenzio est finalement le rôle échu au castrat Rivani, la partie de Gratianini est tout aussi importante. Dolfin s'enthousiasme franchement :
Gratianini se distingue miraculeusement, si bien qu'il a réveillé mon inspiration [...] je déclare que pour l'action (en tout cas dans cet opéra), et pour le chant, il bat toutes les basses qui sont à Venise.
Beregan partage cet avis et cherche à obtenir lui aussi la basse pour un opéra finalement reporté. Il semble néanmoins que Gratianini ait été présent à Venise, créant possiblement Galieno de Pallavicino et Totila de Legrenzi. Il participe assurément à une reprise du premier de ces opéras à Milan, en 1687 : le livret indique qu'il est alors au service de la cour de Cologne.
À Hanovre, outre la chapelle, Gratianini chante aussi à l'opéra, notamment Orontea de Cesti en 1678, et l'année suivante Alceste. Il participe aussi à la création d'au moins un opéra du nouveau maître de chapelle Steffani, Henrico Leone, partageant probablement les rôles de basse avec Cottini. Il côtoie à cette occasion l'excellent castrat soprano Nicola Paris. Même employé ailleurs, Gratianini reste visiblement un favori à Hanovre, où il est encore convié pour La Superbia d'Alessandro en 1690.
On trouve mention d'un Gratianini parmi les chanteurs de San Marcello à Rome, avec notamment Verdoni et Giuseppe Ceccarelli, en 1691 et 1692. La dernière trace de la basse date de 1696 : il est chanteur invité pour les célébrations de Noël à San Marco.

L'Orfeo Esculapio/Chirone/Pluto A. Sartorio 1672 Venise
  Teatro lirico dir. S. Stubbs – CD Challenge classics, 1998
Henrico Leone Ircano ? Demonio ? A. Steffani 1689 Hanovre
  Extraits : Ensemble vocal du Studio Für alter Musik dir. N. Rovatkay – CD Calig, 1986