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Ludwig FISCHER

1745 – 1825

Ludwig FischerC'est à Mayence que Ludwig Fischer voit le jour. À l'âge de dix ans, il entre au collège des jésuites où il travaille le chant, le violon et le violoncelle. À dix-huit ans, il possède déjà une voix de basse suffisamment intéressante pour que l'électeur Carl August l'emploie dans sa chapelle ; mais c'est ensuite à Mannheim que la carrière de Fischer décolle réellement.
Dans ce centre musical d'exception, il reçoit l'enseignement du grand Anton Raaff, et devient en 1772 virtuoso da camera de Carl Teodor, qui soutient financièrement son éducation musicale. Il joue son premier rôle d'envergure dans La Fiera di Venezia de Salieri, puis s'aventure d'emblée dans les rôles sérieux, où les basses sont alors peu employées, sans délaisser les œuvres légères. En 1777, il participe à la première de Günther von Schwarzburg, opera seria en allemand d'Holzbauer, avec Raaff et la jeune soprano suraiguë Franziska Danzi. C'est probablement à cette occasion qu'il fait la connaissance de la soprano Barbara Strasser qu'il épouse un an plus tard.
Après un passage à Munich, le couple est engagé à Vienne. Il interprète Thoas dans la traduction allemande d'Iphigénie en Tauride. Fischer sidère Mozart qui trouve sa voix remarquable et flatte ses graves abyssaux dans le rôle d'Osmin de Die Entführung aus dem Serail en 1781. La basse et le compositeur se retrouvent par ailleurs dans leurs préoccupations maçoniques.

Malheureusement, Fischer se brouille avec l'intendant de l'opéra italien et la troupe italienne, et se rend à Paris en 1783, d'ailleurs accompagné d'une recommandation de Mozart. Il fait sensation au concert spirituel dans des airs de Sacchini, et ses moyens vocaux phénoménaux enchantent également le public italien à Rome, Naples et Venise. À Caserte, il incarne Don Basilio dans Il Barbiere di Seviglia de Paisiello.

Il retourne en Allemagne avec son épouse et chante à Ratisbonne, avant d'être engagé à vie à Berlin, à la demande de Reichardt. De ce dernier, Fischer interprète Brenno en 1789, avec le castrat Concialini et la Todi. Il se place au premier rang des distributions dans plusieurs créations des années 1790, et s'offre encore un succès éclatant dans Semiramide de Himmel en 1797. Cet engagement n'empêche pas la basse de parcourir l'Europe pour se produire à Londres (deux fois), Dresde, Leipzig ou Vienne, où il chante Alcide al bivio de Righini en 1804, accompagné de sa fille et du ténor Brizzi – sa voix est alors sur le déclin et affligée d'un vibrato. L'année suivante, Fischer paraît encore dans une Medea à Berlin, mais ne se produit plus guère par la suite avant d'être officiellement bénéficiaire d'une pension en 1811.

Outre une étendue permettant un ré1 facile pour monter jusqu'au la4, Fischer se distinguait par une virtuosité parfaite héritée de la meilleure école, celle de Bologne – par l'intermédiaire de Raaff – ce qui était passablement démodé à l'époque classique après les effets de la réforme. Il n'est reste pas moins que Fischer parvient à imposer sa voix formidable dans un contexte peu propice à ce registre. Son registre grave devient légendaire, et son jeu est particulièrement apprécié jusque dans le genre léger.
Il laisse un air de virtuosité intitulé Im kühlen Keller sitz ich hier, et trois enfants, qui deviennent pour partie musiciens.

Günther von Schwarzburg Rudolf II. I. Holzbauer 1777 Mannheim
  M. Schopper, Frankfurt La Stagione Orchestra dir. M. Schneider – CD Pierre Verany
Der Rauchfangkehrer Herr von Bär A. Salieri 1781 Vienne
  Version en anglais : D. Woloszko, The orchestra of the antipodes dir. E. Helyard – retransmission de concert, Sidney 2014
Die Entführung aus dem Serail Osmin W. A. Mozart 1781 Vienne
  Enregistrement au choix
Aspri rimorsi atroci W. A. Mozart 1783 Vienne
[air de concert] Enregistrement au choix
Non so donde viene W. A. Mozart 1783 Vienne
[air de concert] Enregistrement au choix
Te deum Basse V. Righini 1810 Berlin
  Radio-Symphonie-Orchester Berlin dir. G. Albrecht – CD Koch Schwann 1991