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Salomon BENDELER

1683 – 1729

Aussi [Bendler]

Fils du cantor et organiste Johann Philipp Bendeler, Salomon voit le jour à Quedlinburg, en Allemagne. Son père entame son éducation musicale, et le jeune homme révèle rapidement une belle voix de basse. Il se rend donc en Italie pour parfaire sa technique ; ses dons suscitent admiration et envie, et son chant auparavant un peu brutal s'enrichit de nuances bienvenues.
En 1704, Bendeler se produit à Leipzig en Jupiter dans Andromaca et le rôle titre de Der lachende Demokritus de Telemann, puis chante à Weissenfeld en 1708.

En 1710, il est appelé par le duc de Brunswick et entre au service de la cour ; il y restera toute sa vie. Dès 1710-11, il est toutefois engagé à l'opéra de Hambourg, avec les sœurs Döbricht. Sa participation est attestée dans Henrico IV de Mattheson, et Uffenbach, observateur de Leipzig qui l'entend au Gänsemarkt, note les progrès accomplis depuis ses débuts et rapporte :
Bendler, le plus distingué, s'est beaucoup amélioré depuis que je l'ai entendu si souvent à Leipzig et ne chante plus aussi brutalement ; au contraire, il nuance sa voix, qui a gagné beaucoup de bonnes manières.
En 1712 cependant, Bendeler est à Londres, invité par Haendel. La basse reprend Argante dans Rinaldo, chante dans Ambleto largement inspiré de F. Gasparini, et malgré le succès retourne en Allemagne.

Toujours attaché à la cour de Brunswick, il se produit aussi à Hamburg, Leipzig, Berlin, et jusqu'à Gdansk en concert. À propos de cette prestation, Fétis rapporte une anecdote fantaisiste : Bendeler commence à jouer de l'orgue dans une église de la ville, et fait soudain entendre sa voix éclatante, d'une force à faire trembler les murs. De surprise, une femme enceinte accouche soudain d'un fils, et son mari, notable de la ville, se trouve guéri de la goutte instantanément, frappé par l'émotion... Le chanteur, responsable du double miracle, est invité au baptême et se voit gratifié d'une généreuse récompense !
L'histoire est certainement amplement déformée, mais contribue à la célébrité du chanteur.

On admirait surtout sa puissance et son étendue hors du commun. Une autre légende rapportée par L. G. Michaud raconte qu'à Londres, sa voix couvrit le son de cinquante instruments ainsi que l'orgue de la cathédrale de St Paul...

Arsinoe ? R. Keiser 1710 Hambourg
  Berliner Kammeroper dir. T. Ihlenfeldt – retransmission de représentations, Berlin, 2006. Attribution incertaine.
Ambleto [2] Fengone F. Gasparini 1712 Londres
  Extraits : L. Monreale, orchestra A. Scarlatti della RAI dir. H. Handt – retransmission radio, Naples, 1971